Le mois dernier, j'ai fait un vol en ULM dans le ciel de Rennes. C'était une première, et je dois dire que j'en ai pris plein les mirettes : le paysage était tout simplement sublime ! Mais j'aimerais surtout parler de ce qui s'est passé avant ce vol. En effet, en racontant ce que j'allais faire à mes proches, l'un d'eux m'a dit un truc très bizarre : que je devais en profiter tant que je pouvais. En effet, d'après lui, l'on ne pourra plus tester ce genre de choses dans un avenir plus ou moins proche. Avec tous ces ouragans qui feront bientôt, selon lui, partie de notre quotidien, les expériences aériennes seront de plus en plus dangereuses !
Ca m'interpelle, comme propos, car cette croyance est partagée par pas mal de monde : beaucoup sont convaincus que les catastrophes naturelles seront plus fréquentes à cause de la pollution. Bon, ces dernières semaines, il est vrai que nous avons eu droit à pas mal d'ouragans. Mais comme chaque année, en fait. Et soutenir que le changement climatique en est responsable est une idée fausse. Pour être tout à fait clair, le nombre d'ouragans n'augmente pas année après année ; en réalité, depuis plusieurs années, il tend même à baisser ! Et les modèles informatiques simulant le climat ont montré que nous n'aurons pas plus d'ouragans à l'avenir. Par contre, ceux qui nous frapperont seront indubitablement plus intenses.
Surtout, il faut intégrer l'idée que les ouragans, en dépit des dégâts qu'ils font, ne sont pas une punition divine : ils sont même capitaux pour réguler le climat, car ce sont de véritables soupapes de sécurité qui permettent d'évacuer l'excès de chaleur amassée sous les tropiques. Ils rafraîchissent à chaque fois l'eau de mer, qui perd de 1° à 3°C. En bref, les ouragans opèrent comme un système de climatisation planétaire.
En résumé, si l'on peut être chagriné pour les personnes qui subissent ces fléaux naturels actuellement, il est tout à fait injustifié de les relier au changement climatique : les ouragans ne sont pas plus nombreux qu'avant et en dépit des apparences, ils concourent à garder l'équilibre de notre monde.
Quoi qu'il en soit, j'ai pris pas mal de plaisir lors de ce vol. Si l'aventure vous tente, vous devriez vous laisser tenter. Voilà d'ailleurs le site où j'ai dégoté ce vol. Pour plus d'informations, allez sur le site de ce de vol en ULM et trouvez toutes les infos.
mercredi 20 décembre 2017
samedi 16 décembre 2017
Une efficacité électrique négligée
Une conséquence importante de la surcapacité du parc nucléaire est l’absence historique d’incitation à la maîtrise de la consommation d’électricité. Ainsi, la France consomme près d’un quart d’électricité de plus par habitant que la moyenne de l’Union Européenne. Elle a notamment développé dès les années soixante-dix, dans le cadre de son programme « tout nucléaire, tout électrique », un recours massif au chauffage électrique, que seule la mise en œuvre récente de la réglementation thermique RT2012 pour les logements neufs est venue infléchir. Cet effet, ainsi que l’impact des réglementations européennes sur l’étiquettage énergétique de nombreux équipements, entraînent un ralentissement mesurable de la consommation d’électricité. Mais en l’absence de mesures supplémentaires spécifiques, la France connaît une évolution singulière de sa consommation d’électricité. Ainsi, après une baisse due à la crise, cette consommation a par exemple augmenté de 4 % sur les années 2012 et 2013, alors que l’ensemble de la consommation d’énergie marquait une légère diminution. L’absence de politique forte d’efficacité sur la consommation d’électricité s’observe aussi bien sur les ménages que chez les plus gros consommateurs. Ainsi, par exemple, alors que la consommation d’électricité spécifique par habitant était la même en Allemagne et en France au début des années 1990, un ménage français consommait en 2008 plus de 20 % de plus qu’un ménage allemand, bien que le taux d’équipements du second soit supérieur. De même, le cabinet de conseil Roland Berger estime que si les industriels « électro-intensifs » français étaient désavantagés en 2013 par le prix de l’électricité par rapport à leurs concurrents allemands, ce désavantage est aussi dû à la moindre efficacité énergétique des usines françaises : la consommation spécifique apparaît en effet supérieure selon les secteurs de 13 % (ciment) à 38 % (papier) à celle observée en Allemagne.
jeudi 23 novembre 2017
Comment piloter un F16 (sans avoir de brevet de pilote)
Aujourd'hui, j'ai piloté un F16 Falcon. Non, je n'ai pas mon brevet de pilote. Depuis quand faut-il un brevet de pilote pour voler ?? Mais j'ai tout de même quelques heures de vol au compteur. Je ne compte plus les heures que j'ai pu passer sur Flight Simulator. A une époque, je passais même tout mon temps libre sur mon ordinateur. Il n'est donc pas étonnant que mon entourage m'ait offert cette expérience de simulation de vol. Zoom sur une activité hors du commun.
Cela se passe à Villeurbanne, ou je me suis rendu avec mon frère, qui s'était lui aussi offert l'activité (vous allez comprendre l'importance de ce détail ensuite).
Pour commencer, si vous imaginez un bête simulateur de vol, de type écran pc et cockpit en carton pâte, vous pouvez oublier : l'immersion est au rendez-vous.
Dès notre arrivée, on nous a en effet remis notre équipement de vol, et c'est dans les vestiaires que nous avons enfilé l'uniforme réglementaire de tout pilote : combinaison, chaussures, casque, harnais. Puis nous avons rejoint la salle de briefing, où l'on nous a présenté les commandes de base.
Nous avons ensuite rejoints nos appareils respectifs : des cockpits placés devant un écran bombé, permettant d'avoir une vue à 180°. Le cockpit, en dehors de la verrière manquante, est complet dans les moindres détails. Si le cockpit n'est pas sur vérins, c'est tout aussi bien en ce qui me concerne : je suis systématiquement malade quand la cabine d'un simulateur bouge !
Habitué aux simulations, je m'acclimate vite aux commandes, et j'effectue un décollage tout en douceur. Le paysage qui défile est d'une beauté saisissante. J'apprends à effectuer quelques loopings. Jouissif ! L'immersion pourrait être totale... s'il n'y avait l'instructeur juste à côté du cockpit, alors que je suis déjà à 2000 pieds !
Heureusement, il n'est là que pour m'aider à la prise en main. Après que j'aie fait quelques tonneaux, il s'efface, et je suis désormais seul dans le ciel. Quoique, pas vraiment. Qu'est-ce que c'est que ce point clignotant sur le radar ? Un appareil ennemi est en approche. C'est mon frère qui attaque !
Ce jour-là, deux pilotes de légende sont nés. Merci à tous pour cette aventure inoubliable ! A retrouver en détail sur le site de simulateur de vol.
mercredi 22 novembre 2017
Du numérique et de la disparition des professions « triple A »
Le numérique a « ringardisé ces professions qui semblent restées à un stade artisanal, aristocratique et ancien, ou les professions 3A ». Les avocats en font bien évidemment partie, bousculés par l’avènement des legaltech. La profession doit savoir « résister à ce bluff technologique, mais intelligemment ». Il est constaté que l’émergence de l’intelligence artificielle réduit l’importance du savoir juridique à la portion congrue, ce qui est « une blessure profonde portée au narcissisme personnel des avocats ». Les legaltech, nouveaux intermédiaires entre le justiciable et la justice, promettent de se placer « aux antipodes de l’arrogance des pouvoirs de l’ancien monde », dont l’avocat fait partie. « La part de mystère qui entourait la profession devient mystification aux yeux des consommateurs avides d’efficacité ». Pour surmonter cette difficulté, l’avocat doit notamment « se former aux nouvelles technologies qui ne cessent d’évoluer » et développer des « doubles compétences ». Mais ce serait une erreur de laisser « le champ libre au legaltech » sur les marchés de faible valeur ajoutée et de se concentrer uniquement sur les services à forte valeur ajoutée. En effet, explique le rapport « les plateformes vont monter en compétence et risquent à terme d’attaquer ce marché à plus forte valeur ajoutée, mais aussi à plus forte marge ».
jeudi 19 octobre 2017
Pourquoi Bareges - pour la neige
C'est assez fou, de voir à quel point mon épouse et moi n'avons aucun point commun. Je pourrais compter sur les doigts d'une main les sujets sur lesquels nous sommes d'accord. Non que cela me gêne, attention ; je trouve au contraire que ça rend la vie plus intéressante. Mais parfois, il faut bien reconnaître que c'est assez lourd. Par exemple, le débat qui a lieu à chaque fois qu'on doit partir en vacances : il peut durer des semaines entières avant qu'on tombe enfin d'accord (après beaucoup de compromis de part et d'autre). C'est que madame a une préférence marquée pour le bord de mer, où elle peut cuire pendant des heures sur sa serviette de plage. Alors que pour ma part, la plage m'ennuie. Mon truc, c'est plutôt l'hiver, que j'attends habituellement comme un gosse pour profiter d'activités liées à la neige. La semaine dernière, j'ai d'ailleurs opéré ma première excursion en motoneige à Bareges.
Je n'avais encore jamais tenté de conduire ce type de véhicule, jusqu'à présent, mais je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt : je me suis amusé comme un fou !
Cette découverte a cependant ranimé un vieux fantasme. Chaque année, cela revient dès que je pose un pied dans la neige : je me mets à rêver que nous déménageons dans les Alpes. Bien entendu, c'est tout à fait irréaliste : ma chère et tendre préfèrerait avaler de la mort-au-rat par paquets de cent plutôt que de s'éloigner ne serait-ce que d'un kilomètre de la métropole. Elle aime le bruit, l'agitation urbaine, la pollution, et ferait une dépression carabinée si elle ne pouvait plus faire son shopping en traversant seulement la rue.
C'est incroyable, à vrai dire, que notre couple ait tenu la route. Moi l'amoureux de la nature, et elle qui ne supporte même pas de s'asseoir dans l'herbe (de peur de se salir). L'amour a ses raisons que la raison ignore, comme on dit.
En tout cas, si vous n'avez jamais grimpé sur une motoneige, je vous conseille d'essayer. Si vous voulez vous faire votre propre idée, voilà le site où j'ai dégoté cette sortie à Bareges ! Retrouvez toutes les infos sur ce de randonnée en motoneige à Barèges en suivant le lien.
jeudi 12 octobre 2017
Le harcèlement perdure
Dimanche, M6 a diffusé un nouveau numéro de Dossier Tabouprésenté par Bernard de la Villardière. Après l'islam et le cannabis, le thème choisi était le harcèlement sexuel. Ce reportage évoque toutes les formes d'oppressions que subissent les femmes quotidiennement et l'exploitation des corps féminins, notamment dans le rap, le porno et la publicité. Dossier Tabou insiste sur le fait que ce phénomène est nouveau et pointe notamment un "facteur religieux et culturel" de la "jeunesse", qui est opposé à un âge d'or où la minijupe était acceptée de tous. Nous avons interrogé Christine Bard*, historienne, professeure des universités à l'Université d'Angers et auteure de Ce que soulève la jupe. Est-il devenu compliqué pour certaines femmes de s'habiller comme le souhaitent? Le contrôle du vêtement est une des modalités du sexisme, depuis toujours. Le vêtement marque une différence entre les sexes. Une différence qui hiérarchise le féminin et le masculin et qui sexualise particulièrement le corps des femmes de deux manières opposées, en le couvrant ou en le découvrant. Le corps des jeunes filles est traditionnellement mis sous une surveillance accrue: la société patriarcale veut préserver sa "pureté", sa virginité. Nous ne sommes pas sortis de cette société patriarcale. Les jeunes filles ressentent ce contrôle social qui vient parfois de leur famille et le plus souvent de leurs pairs, filles comprises. Elles s'y conforment en général et abandonnent alors souvent la jupe pour ne porter que des pantalons, au collège, au lycée un peu moins. Elles ont l'impression qu'elles seront moins agressées dans la rue ou à l'école si elles sont en pantalon. Et l'association "jupe = pute" fonctionne, elle, partout, dans tous les milieux sociaux. La pression du sexisme à l'adolescence doit être reconnue comme un problème social, être étudiée et faire l'objet d'actions de prévention. Les Journées de la jupe, créées il y a dix ans dans des lycées, sont par exemple de belles initiatives. La société d'aujourd'hui aurait donc un problème avec le dévoilement du corps des femmes? Ce problème ne date pas d'aujourd'hui puisqu'on peut faire remonter le "dévoilement", ou le "recul de la pudeur" au début du XXe siècle. Toutes ses étapes, toutes ses manifestations ont fait controverse: le vêtement des sportives, des cyclistes, le short, le maillot de bain, le tailleur des années 1925, la minijupe, les cheveux courts, etc. Ces innovations sont porteuses de valeurs et d'un imaginaire émancipateur pour les femmes, et cette émancipation trouve face à elle des adversaires résolus qui réagissent au nom de leur morale sexuelle et au nom de leur conception du rôle des femmes dans la société. Pour certains, les femmes sont même responsables de l'agression dont elles sont victimes, parce qu'elles auraient "provoqué" leur agresseur avec une tenue jugée indécente. Cette inversion de la responsabilité est particulièrement révoltante, surtout quand on la retrouve dans la bouche d'un juge ou d'un policier. C'est ainsi qu'a démarré en 2011 la première "slut walk", marche des salopes, parce qu'un officier de police de Toronto avait déclaré que pour diminuer les risques de viol, les femmes devaient éviter de s'habiller comme des "salopes". Le mouvement s'est étendu aux quatre coins de la planète et l'on a commencé à parler de "slut shaming" (humiliation) ou "slut bashing" (agression) à l'égard des personnes dont la sexualité est jugée déviante par l'agresseur. Quand Ni putes ni soumises a été créée en 2003, c'était déjà une des thématiques de l'association qui mettait l'accent sur la situation des femmes dans les "quartiers" et la montée d'un islam intégriste particulièrement sexiste. Est-ce un retour en arrière des libertés des femmes? Il n'y a pas eu d'âge d'or. Aujourd'hui, les femmes ont le droit de porter le pantalon, ce n'était pas le cas dans le passé. Les femmes étaient obligées de s'habiller de manière féminine, en particulier dans les métiers du tertiaire au contact avec le public. Des progrès ont eu lieu. Le choix vestimentaire est plus large qu'hier, mais il ne résout pas tout: quel est le bon, ou le mauvais choix? Comment le choix sera-t-il interprété? Une partie de la population considère que la jupe courte est un signe de disponibilité sexuelle et que celle qui la porte est un objet sexuel. Ce n'est pas nouveau. On a juste oublié aujourd'hui le tollé soulevé par les minijupes des années 1960.
vendredi 1 septembre 2017
Un peu de cuisine
Il y a quelques jours, je suis allé en cuisine pour assister à un cours de cuisine. Ca n'est probablement pas remarquable en apparence, mais lorsque je l'ai annoncé à mon frère, il a a voulu jouer au loto tellement elle prenait ce changement comme un miracle. Parce que Il y a un an à peine, la cuisine était en ce qui me concerne aussi compréhensible que le Coran en version originale. Pendant des années, j'ai toujours détesté tout ce qui avait trait à la cuisine. Au bout d'un moment, ma chère et tendre me virait de la cuisine si je ne voulais pas découvrir les joies de la défenestration. Ce n'était évidemment pas volontaire, mais ça ne me déplaisait pas pour autant. :) Avec le recul, je ne comprends plus très bien pourquoi je réagissais comme ça. Cuisiner prenait d'emblée des airs de bataille. Je doutais de moi, même avec les plats les plus simples.Quand ma femme partait quelques jours, c'était pizzas et plats surgelés. j'essayais de cuisiner, j'avais l'air d' un chat à qui on parlerait de physique quantique. Et lorsque ma femme me demandait de jouer les apprentis, elle jetait l'éponge très vite. J'étais une catastrophe sur pattes. En définitive, ma chère et tendre finissait par me sortir hors de la cuisine si je ne voulais pas découvrir les joies de la défenestration. Ce n'était évidemment pas l'objectif visé, mais je dois dire que ça ne me déplaisait pas pour autant. :) Aujourd'hui, je ne comprends plus vraiment cette phobie. Cuisiner me semblait être un parcours du combattant. J'étais pris d'un doute affreux, même avec les recettes les plus élémentaires. Puis un déclic s'est produit en moi. Peut-être ai-je passé trop de temps à regarder Philippe Etchebest fustiger des cuisiniers (oui, c'est étrange, parce que si je détestais cuisiner, j'étais fasciné par les émissions culinaires). Sur un coup de tête, l'envie m'a pris de cuisinier le repas du soir. Oh, rien de bien difficile : des spaghettis bolognaise. Ca a été une catastrophe au point que l'on a tout jeté à la poubelle. Mais le lendemain, j'ai recommencé. Puis un autre. Ma femme rechignait à venir à table au motif que j'étais un piètre cuisinier déplorable, mais progressivement, je me suis amélioré. Et voyant qu'elle n'arriverait pas à me faire abandonner, ma femme m'a finalement proposé ce cours de cuisine à Rennes. Je ne deviendrai jamais un chef étoilé. Mais le chef de ce cours m'a dit que je me débrouillais pas mal. Et pas mal, pour quelqu'un qui vient d'aussi loin, c'est plus que j'en attendais ! Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de ce cours de cuisine. Cliquez sur le lien.
mardi 22 août 2017
Guerre de civilisations
Durant sa visite officielle à Varsovie, Donald Trump a semblé annoncer une guerre des civilisations. Sur ces entrefaites, il a participé à un sommet troublé du G20, des 20 plus grandes économies mondiales. Le G20 représente l’idéal d’une communauté mondiale. Une guerre des civilisations en est l’exact contraire. Alors, laquelle va primer ? La phrase la plus emblématique du discours de M. Trump à Varsovie est : “La question fondamentale de notre temps est de savoir si l’Occident a la volonté de survivre. Avons-nous assez de foi en nos valeurs pour les défendre à n’importe quel prix ? Avons-nous assez de respect pour nos citoyens pour protéger nos frontières ? Avons-nous le désir et le courage de préserver notre civilisation de ceux qui veulent la subvertir et la détruire ?” “Le G20 représente l’idéal d’une communauté mondiale. Une guerre des civilisations en est l’exact contraire. Alors, laquelle va primer ?” Le discours a été plus loin que l’article publié en mai par deux proches conseillers de M. Trump, H.R. McMaster et Gary Cohn : “Le monde n’est pas une communauté mondiale mais un aréopage où les nations, les instances non gouvernementales et les entreprises se rencontrent et s’affrontent pour obtenir l’avantage (…)”. Les conseillers tempèrent en soulignant que “America First [le slogan de campagne de M.Trump, ndt] ne signifie pas ‘America alone’ (l’Amérique seule)”. Les États-Unis étaient pourtant seuls durant ce G20. En dépit de quelques colmatages, les États-Unis sont isolés sur les questions du climat et du protectionnisme. Si l’on demande à l’Occident de s’unir dans la perspective d’une guerre des civilisations, il va se fracturer, comme il l’a fait lors de la guerre en Irak. Il est facile d’être d’accord avec M. Trump et de s’inquiéter de ce qu’il appelle “le terrorisme de l’islamisme radical”. Mais considérer ce phénomène comme une menace existentielle primordiale est ridicule. Le nazisme était une menace existentielle. Comme le communisme soviétique. Le terrorisme est un trouble de l’ordre public. Le grand danger est une réaction disproportionnée qui empoisonnerait les relations avec le 1,6 milliard de musulmans qui vivent de par le monde. Nous devons être vigilants sur la prophétie auto-réalisatrice d’une guerre des civilisations, non seulement parce que ce n’est pas vrai, mais parce que nous devons coopérer. L’idéal d’une communauté mondiale n’est pas un conte de fées. C’est la réalité actuelle. La technologie et le développement économique ont rendu les humains maîtres de la planète et dépendants les uns des autres. L’interdépendance ne s’arrête pas aux frontières politiques. Pourquoi le ferait-elle en effet ? Les frontières sont arbitraires. “Anthropocène” est un mot toujours plus utilisé pour décrire notre époque : une ère durant laquelle les humains transforment la planète. Le point important dans la notion d’anthropocène est que l’humanité est responsable des problèmes et qu’elle peut les résoudre. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’idée de communauté mondiale n’est pas vaine. Sans elle, les problèmes ne seraient pas résolus. Pensez aussi à la paix. Dans une ère nucléaire, la guerre devrait être inconcevable. Mais cela ne la rend pas impossible. Gérer les frictions entre puissances nucléaires est une nécessité incontournable. Considérez également la prospérité. L’intégration économique mondiale n’est pas un complot maléfique. C’est la progression naturelle des forces des marchés dans une ère d’innovation technologique rapide. Un tel monde expose de façon inévitable les pays aux décisions politiques d’autres pays. Comme nous l’avons appris en 2008, le système financier mondial est aussi fort que ses maillons les plus faibles. Ceux qui dépendent du commerce international ont besoin de pouvoir se fier aux conditions d’accès aux marchés des autres pays. Pour cette raison, les inquiétudes persistantes autour des réglementations financières, particulièrement durant le sommet de Londres en 2009, et le protectionnisme, sont justifiées. La souveraineté n’est pas l’autarcie. Le communiqué du G20 en 2009 rappelait à juste titre : “Nous partons du principe que la propriété est indivisible”. Nous sommes aussi concernés, et c’est normal, par le destin des autres pays. Le développement est une cause morale. Il est également fondamental si l’on veut maîtriser les flux migratoires.
vendredi 23 juin 2017
Protection contre le dumping
Des parlementaires européens ont proposé mardi de durcir les règles encadrant les importations de produits chinois bon marché, illustrant une volonté de plus en plus visible de protéger le marché unique. La commission parlementaire du Commerce international s’est prononcée à une écrasante majorité en faveur de ce texte qui propose de confier à l’UE le droit d’imposer des droits de douane sur les marchandises produites dans des pays où l’interventionnisme étatique sur l’économie est manifeste. Le commerce sera l’un des principaux sujets abordés lors du sommet des dirigeants européens prévu jeudi et vendredi à Bruxelles. Berlin, Paris et Rome souhaitent notamment que les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques puissent être plus rigoureusement examinés. Le sommet Chine-UE organisé ce mois-ci a été occulté par les divergences sur le commerce. L’Union s’interroge notamment sur l’opportunité de reconnaître à la Chine la qualité « d’économie de marché » 15 ans après son adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce. La Chine est actuellement traitée comme un cas à part pour lequel le dumping est constitué seulement lorsque le prix à l’exportation d’un produit est moins élevé que celui pratiqué par un autre pays, les Etats-Unis par exemple. Soutenue par les Etats membres, la Commission européenne souhaite que cet état de fait change et que tous les Etats membres de l’OMC soient traités de la même manière afin que l’accusation de dumping puisse être établie à l’encontre de la Chine dès qu’un prix à l’exportation est inférieur au prix sur son marché intérieur. Sans viser explicitement Pékin, le projet défendu par les députés européens ouvre la voie à l’instauration de droits de douane élevés sur les produits dont le prix serait anormalement bas. Les députés souhaitent en outre que des enquêteurs puissent se pencher sur la conformité des pays aux règles prévues par le droit international du travail et à des normes fiscales et environnementales.
lundi 19 juin 2017
Conférence sur le Brexit
La deuxième conférence sur le Brexit était assemblée à Londres la semaine dernière. Les dirigeants de l'Union européenne ont accepté à l'unanimité les démarcations administratrices pour les prochaines conférences du Brexit, ouvrant la voie à trois ans de conversations avec l'administration de la GB sur les finances et le commerce européen. "L'unité en action", a avancé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur Facebook, en affirmant que les 27 pays de l'Union européenne ont composé la diplomatie de discussion en moins de 15 minutes lors d'une conférence à Londres. Les dirigeants ont avancé qu'ils étaient alliés dans leur approche de Brexit et que le Royaume-Uni ne serait pas admise à être mieux assise en dehors de l'Union qu'à l'intérieur. Le gouvernement de l'Angleterre Thérèse May a été alerté qu'il devra accorder de contrôler financièrement et de dénouer les droits des individus avant que l'Union européenne n'accepte aux discussions de se tourner vers un futur choix commercial. Le message global a caractérisé le sentiment dans les pays de l'Europe qu'ils ont le dessus en accordant la sortie de l'Angleterre. Le secrétaire de de l'Angleterre, Ronan Webly, a affirmé hier que les deux parties étaient maintenant définies et que les explications seront «complexes et des fois même conflictuelles». Il a annoncé que certaines entités de Commission européenne et de l'Angleterre essayaient de les affaiblir. L'administration de May a affirmé sa volonté de se prononcer sur des discussions importants au sujet de la finance, le commerce et l'immigration. Les concessions britanniques annoncent que les fonctionnaires de l'Union européenne ont de plus en plus d'espoir que May se rendra compte que les mots de Brexit seront caractérisés par eux plus qu'elle. Le désir de l'Angleterre d'être concret dans la dislocation de 44 ans d'adhérence a été mis en avant cette semaine par l'admonestation de la chancelière allemande Angela Merkel selon lequel l'administration de Theresa May ne devrait pas être chimérique que l'Union européenne soit avenante. Les entretiens doivent débuter après l'élection du 8 juin de de la GB. La discussion de la diplomatie au cours du mois écoulé s'est nettement affirmée, ont affirmé les administrateurs de l'Union européenne à Bruxelles. Il en découle une attitude collective construite sur l'affirmation que le Royaume-Uni acquitte un prix pour partir et que son départ n'est pas si aisé que d'autres seront confortés à suivre.Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de voyage de l'organisation du séminaire à Londres. Suivez le lien.
mercredi 24 mai 2017
Les technologies numériques
Les similitudes avec ce qui constitue aujourd’hui le « cœur de l’économie numérique » au sens de l’Inspection générale des finances sont assez nettes : seules la commercialisation (de gros et de détail), la construction d’infrastructures et l’économie du net viennent s’ajouter au « cœur de l’économie numérique » sans faire partie du secteur des TIC. Les travaux de l’Observatoire du Numérique font d’ailleurs mention des « Services TIC » (STIC) pour faire référence à ce que l’IGF appelle le cœur de l’économie numérique. Le cœur du numérique, selon cette approche, ce sont les technologies de l’information et de la communication et les services associés. Dans cette acception, il est cependant fait référence au « numérique » et non plus aux TIC, considérant que c’est par le phénomène de numérisation que les TIC se sont développés et déployés (voir encadré ci-dessous). Toutefois, au-delà de la sémantique, le contenu reste proche. La technologie numérique L’économie numérique renvoie à une technologie particulière : la technologie numérique. L’adjectif « numérique » fait référence à ce « qui relève des nombres, qui se fait avec des nombres, est représenté par un nombre » (Dictionnaire Larousse). D’un point de vue technologique, le numérique se définit comme une information représentée au moyens de caractères, tels que des chiffres ou au moyen de signaux à valeurs discrètes. L’irruption du numérique dans la sphère économique s’est faite en plusieurs étapes. Tout d’abord, l’essor de l’informatique (puis d’internet) a permis de multiplier le stockage et la transmission de données sous forme numérique. Les autres TIC ont ensuite été impactés par cette technologie (téléphonie par IP, data, etc.), puis le phénomène de numérisation s’est étendue à de nombreux autres activités. D’une part, des données autrefois stockées sous formes papier ou analogique ont évolué vers des formats numériques : systèmes d’informations d’entreprise, musique, photo, vidéo, télévision. D’autre part, les interfaces et outils eux-mêmes tendent à se numériser : machines-outils numériques, domotique, voiture connectée, etc. Ces différents secteurs productifs peuvent être agrégés et perçus selon une logique de filière. Comme pour toute logique de filière, il s’agit de mettre l’accent sur les liens qui existent entre les différents acteurs économiques contribuant à la fabrication d’un bien ou d’un service. C’est considérer qu’il ne s’agit pas seulement d’une agrégation de secteurs mais de secteurs liés entre eux de manière séquentielle en ce qu’ils contribuent, ensemble, à la production d’un bien ou d’un service donné. Cette appréhension en termes de filière renvoie ainsi plus directement à une logique d’action publique et de politique industrielle. Le terme de filière est ainsi réapparu dans le débat public récent comme une façon de résister ou d’apprivoiser la mondialisation et de mettre en avant les forces de l’appareil productif national. En termes d’action publique, il s’agit notamment de structurer et catalyser les filières industrielles par la mise en œuvre de plans de déploiement de solutions garantes d’activités sur le territoire, et de perspectives à l’export ; et d’investir dans les technologies clefs de long terme.
mercredi 3 mai 2017
Une odeur fait maison
C'est une expérience auquel je n'aurais jamais cru suivre : élaborer son propre parfum dans le cadre d'un atelier spécialisé. Et je serais passé à côté de quelque chose. J'ai pratiqué cette animation assez magique à Eze, et je dois dire qu'elle a été riche d'enseignements. Contrairement à ce qu'on peut imaginer, réaliser son parfum n'est pas facile. Je vous laisse imaginer la scène. Dès votre arrivée, vous vous retrouvez devant un orgue à parfums : bureau contenant des étagères, où attendent plus de 120 fioles contenant chacun une fragrance. Et j'ai dû toutes les sentir pour élaborer votre parfum ! C'est qu'un parfum comprend plus de 100 produits. Durant l'atelier, on n'en assemble évidemment qu'une vingtaine, mais cela requiert déjà pas mal de concentration. Et cela demande une bonne dose de minutie. Tout parfum une association de trois notes : celle de tête, de coeur, et de fond ; et elles doivent s'équilibrer entre elles. Chaque odeur doit être insérée en prenant soin des doses, et être immédiatement consignée sur papier pour garder la recette (c'est cette recette qui permet d'en recommander plus tard). Le résultat peut vraiment faire patchouli, si on fait une seule faute de dosage. C'est pourquoi on a droit à 3 essais pour repartir avec le plus réussi ! Le plus important, à mon avis, ce n'est pas tant de composer que de lâcher prise. Si on rationalise trop, on se trompe systématiquement. Vous penseriez à inclure de la lavande dans un parfum masculin ? Et bien, c’est la lavande qui établit une note masculine aux parfums pour homme ! C'était une expérience que je conseille. On prête beaucoup plus attention aux odeurs, suite à cette expérience. Je suis curieux de découvrir ce que donnera ma création : il faut compter quelques jours avant de l'utiliser.Pour en savoir plus, allez sur le site spécialiste de cet atelier de création de parfum.
mercredi 19 avril 2017
La déferlante des montres de plongée
Présentées au Salon d’horlogerie Baselworld, jusqu’au 30 mars, à Bâle, les montres de plongée surfent sur la même vague d’hybridation entre chic et sport qui domine la mode urbaine. Voilà donc la tendance athleisure (contraction de loisir et athlétique), qui s’impose aussi dans l’horlogerie haut de gamme suisse. Conçue pour satisfaire les plongeurs les plus chevronnés, cette montre sportive et technique trouve un nouveau terrain de jeu sur le macadam. A Baselworld, les propositions sont plus nombreuses que jamais et leur variété prouve que ce qui était autrefois un sous-genre est devenu un style horloger à part entière. Avec ses sous-segments, ses particularités et ses codes, il dépasse largement le cercle des amateurs de palmes. Elle a ses grands classiques, comme la Sea Dweller de Rolex. Revue en profondeur pour cette édition 2017, où elle célèbre ses 50 ans, la plus professionnelle des plongeuses a pris du volume et des détails. Elle passe de 40 à 43 mm, une caractéristique qui va affoler les amateurs de grandes montres, qui ont du mal à trouver leur bonheur chez Rolex, marque de référence de la montre de plongée. La nouvelle Ref. 126600 adopte un détail qui vise les collectionneurs, l’inscription « Sea Dweller » en rouge, qui rappelle certains modèles ultra-collectionnés de la marque. Au-delà de cette actualisation, la montre de plongée a aussi son vintage. Il fait référence aux années 1960, celles où elle est née. C’est cette esthétique qu’exploite Tudor avec sa ligne Heritage Black Bay, désormais déclinée en version acier, noire et ponctuée d’or rose. La montre de plongée est grande, lourde si elle est en acier, moins si elle est en titane. Malgré cela, elle n’est pas inconfortable, bien au contraire. Sa destination aquatique l’a dotée de bracelets en caoutchouc ou en toile technique, d’une souplesse exemplaire, mais surtout de boucles réglables. En effet, elle se porte à même la peau et sur une combinaison Néoprène, sans avoir à démonter et remonter des maillons. Il est devenu courant que les fermoirs possèdent des systèmes de réglage fin, qui les adapte précisément au diamètre de tous les poignets, quels que soient la température ambiante et les gonflements qui peuvent en résulter. Mais ce qui constitue le gros de leur intérêt est leur apparence musclée. Pour résister à la pression, elles sont grosses. Pour rester lisibles en eaux troubles, elles sont contrastées, sur fond noir. Encore ici, elles épousent le style urbain, blindé qui sert de carapace face aux assauts du quotidien. Ainsi, la BR03-92 de Bell & Ross a pour elle son boîtier carré, une rareté dans le domaine des plongeuses, et aussi ses lignes anguleuses, dessinées avec une utilisation militaire en tête, conformément aux inspirations de la marque française. Et pour les petits budgets, Hamilton propose sa Khaki Navy Scuba, au look noir et orange, parfait pour aller avec une parka bicolore déperlante à capuche, à moins de 700 € et avec un diamètre de 40 mm, lui aussi plus que raisonnable. Tous ces attributs en font des objets taillés pour braver les épreuves de la ville, où l’on navigue en eaux troubles, et que l’on traverse parfois en apnée.
mercredi 15 mars 2017
Les libéraux ont reculé un peu partout en 2016
Pour certains libéraux, 2016 restera dans les mémoires comme une année amère. Si vous croyez, comme ‘The Economist’, en une économie libre et des sociétés ouvertes, où la libre-circulation des biens, capitaux, personnes et idées est encouragée, où la loi protège les libertés universelles des abus de l’État, alors l’année 2016 aura été une année de reculs. Pas uniquement à cause du Brexit et de l’élection de Donald Trump. En raison aussi de la tragédie en Syrie, abandonnée à ses souffrances, et du soutien populaire qu’obtiennent les “démocraties non libérales” en Hongrie, en Pologne et ailleurs. Le mot “mondialisation” est devenu une insulte, les mots “nationalisme”, et même “autoritarisme”, prospèrent. En Turquie, le soulagement après l’échec d’une tentative de coup d’État a fait place à des répressions sauvages approuvées par la majorité. Aux Philippines, les électeurs ont élu un président qui déploie des escadrons de la mort et se vante publiquement d’appuyer personnellement sur la gâchette. Pendant ce temps, la Russie, qui a piraté la démocratie occidentale, et la Chine, qui vient de provoquer l’Amérique en s’emparant de l’un de ses drones maritimes, présentent le libéralisme comme le masque d’une volonté d’expansion occidentale. Sous cette avalanche, des libéraux – ceux qui se revendiquent du courant marché libre – perdent leur sang-froid. Certains rédigent des épitaphes à l’ordre libéral et prophétisent une démocratie en danger. D’autres répondent qu’avec un léger ajustement des lois sur l’immigration et une ou deux taxes douanières, tout reviendra à la normale. Ce n’est pas suffisant. La moisson amère de 2016 n’a pas soudainement détruit le credo libéral, qui est que le libéralisme est le meilleur moyen d’apporter la dignité, la prospérité et l’égalité. Au lieu d’éviter la bataille des idées, les libéraux devraient s’y jeter avec ardeur. Depuis un quart de siècle, les choses ont été trop faciles pour le libéralisme. Sa suprématie depuis l’effondrement du communisme soviétique a engendré paresse et complaisance. Alors que les inégalités grandissaient, les gagnants de la société se sont convaincus qu’ils vivaient dans une méritocratie – et que leur réussite était donc méritée. Les experts recrutés pour développer l’économie s’émerveillaient de leur propre génie. Les gens ordinaires ont alors vu la richesse comme le masque des privilèges et l’expertise comme la défense maquillée d’intérêts personnels. Après avoir été si longtemps au pouvoir, les libéraux, surtout eux, auraient dû prévoir le retour de bâton. Le libéralisme sait que détenir le pouvoir sans interruption corrompt, parce qu’il s’agit d’une famille d’idées qui a émergé au début du XIXe?siècle pour s’opposer au despotisme, à la monarchie absolue et à la terreur révolutionnaire. Les privilèges s’auto-perpétuent. Le consensus étouffe la créativité et l’initiative. Dans un monde en constante mutation, les controverses et les batailles ne sont pas seulement inévitables, mais bienvenues, car elles conduisent au renouvellement. “Depuis un quart de siècle, les choses ont été trop faciles pour le libéralisme. Sa suprématie depuis l’effondrement du communisme soviétique a engendré paresse et complaisance.” Plus encore, les libéraux ont quelque chose à offrir aux sociétés qui peinent à s’adapter au changement. Au XIXe?siècle, comme aujourd’hui, les vieilles façons de faire ont été détruites par des forces implacables, technologiques, économiques, sociales et politiques. Les gens ont envie d’ordre. La solution non libérale a été de mettre en place quelqu’un avec suffisamment de pouvoir pour décider de ce qui est bien, ralentir le changement, s’ils sont conservateurs, ou renverser l’autorité, s’ils sont révolutionnaires. Vous retrouvez cela dans les appels à “reprendre le contrôle”, ainsi que dans la bouche des autocrates qui en appellent à un nationalisme belliqueux pour pouvoir tenir leur promesse d’endiguer la marée cosmopolite. Les libéraux proposent une autre voie. Au lieu d’être concentré, le pouvoir devrait être dispersé, en s’appuyant sur la force du droit, des partis politiques et des marchés en concurrence. Au lieu de mettre les citoyens au service d’un État puissant et protecteur, le libéralisme voit les individus comme seuls capables de choisir ce qui est le mieux pour eux-mêmes. Au lieu de diriger le monde par la guerre et le conflit, les pays devraient plébisciter le commerce et les traités. Ces idées se sont enracinées en Occident et en dépit du flirt de M. Trump avec le protectionnisme, elles survivront probablement. Mais seulement si le libéralisme peut résoudre son autre problème?: la perte de foi dans le progrès. Les libéraux pensent que le changement est bienvenu parce que globalement, il apporte du mieux. Bien sûr, ils peuvent démontrer que la pauvreté au niveau mondial, l’espérance de vie, les opportunités et la paix progressent, en dépit des conflits au Moyen-Orient. Et de fait, pour la plupart des gens sur terre, il n’y a jamais eu meilleur moment pour être vivant. “Au lieu de mettre les citoyens au service d’un État puissant et protecteur, le libéralisme voit les individus comme seuls capables de choisir ce qui est le mieux pour eux-mêmes” Une grande partie du monde occidental ne le voit pas de cet œil. Pour elle, le progrès profite principalement aux autres. La richesse n’est pas bien répartie, les nouvelles technologies détruisent des emplois qui ne reviendront jamais, une sous-classe sociale est exclue de l’aide ou de la réinsertion, et les autres cultures constituent une menace, parfois violente. S’il veut à nouveau prospérer, le libéralisme doit également répondre aux pessimistes. Durant ses dernières décennies de règne, les solutions libérales ont été très décevantes. Alors qu’au XIXe?siècle, les réformateurs libéraux ont affronté le changement par la scolarisation universelle, un grand programme de travaux publics et la promulgation des premiers droits des travailleurs. Plus tard, les citoyens ont obtenu le droit de vote, la prévoyance sociale, un filet de sécurité. Après la Seconde guerre mondiale, l’Amérique a bâti un ordre mondial libéral par les relais d’institutions comme les Nations unies et le FMI, pour donner un ancrage à cette vision.
vendredi 24 février 2017
Informatiser la confiance ?
La Suisse est en quelque sorte le pays détenteur du record du monde en matière d’investissements transfrontaliers?: le secteur de la finance a géré l’an dernier 66?milliards d’actifs en francs suisses pour le compte des institutions financières, des entreprises et des fortunes privées.
Les banquiers suisses s’intéressent donc de très près à la révolution technologique qui balaie la finance dans le monde entier, et qui a des implications profondes sur la façon dont les marchés financiers opèrent.
Cette veille technologique inclut certaines des idées qui paraissent futuristes?: comment déléguer entièrement aux ordinateurs la gestion du patrimoine des clients, ou encore créer des portefeuilles d’actions qui s’auto-géreraient automatiquement, tout comme l’industrie automobile fabrique aujourd’hui des voitures à conduite autonome??
“Comment déléguer entièrement aux ordinateurs la gestion du patrimoine des clients, ou encore créer des portefeuilles d’actions qui s’auto-géreraient automatiquement”
Les non-initiés y verront un choc de cultures?: “banque suisse” est synonyme de service personnalisé, à l’ancienne, tout autant que de prudence, de secret (et d’assistance aux clients qui souhaitaient se soustraire aux impôts chez eux, du moins, jusqu’à la criminalisation de l’évasion fiscale dans le monde entier depuis 10 ans).
Et pourtant, la Suisse, de façon peut-être surprenante, est à l’avant-garde dans la réflexion sur l’utilisation des ordinateurs qui réfléchissent par eux-mêmes et sont destinés à surperformer les humains.
Un pionnier de ce domaine est Jürgen Schmidhuber, professeur d’intelligence artificielle à l’université de Lugano, en Suisse italophone. Les résultats de ses travaux sur les systèmes de reconnaissance vocale complexes ont été adoptés par Google. Ces systèmes sonores très sophistiqués peuvent distinguer les ordres même dans les fonds sonores très bruyants.
Lors d’un salon professionnel pour gestionnaires de portefeuilles à Zurich ce mois-ci, il a exposé comment des architectures complexes conçues pour imiter les processus d’apprentissage du cerveau peuvent être adaptées à la finance.
De telles idées sont dans l’air depuis des décennies. L’attention médiatique est monopolisée par l’intelligence artificielle injectée dans les voitures mais les gestionnaires de hedge funds font fortune (ou faillite) depuis longtemps grâce aux pouvoirs de cette intelligence artificielle.
Cependant, l’argument de chercheurs comme le professeur Schmidhuber repose sur l’augmentation rapide de la capacité de calcul des ordinateurs et des procédures de “deep learning” des machines qui seront les réseaux neuronaux de la prochaine génération. Ils auraient donc atteint un degré de sophistication qui leur permet de raisonnablement remplacer les humains dans des domaines comme la banque et la finance.
“Tout ce que les humains peuvent faire sera mieux fait par l’intelligence artificielle” m’assure le professeur Schmidhuber, même s’il admet que l’“on assistera à beaucoup d’échecs durant le processus”.
La plupart des banquiers suisses ne s’inquiètent pas pour leur gagne-pain. Comme tout le monde, ils automatisent déjà les processus pour réduire les coûts, et utilisent du “robo advising”, ou robot-conseil, pour les tâches les plus simples de la mécanique bancaire. La puissance de calcul est vue comme une assistance aux professionnels, et non comme une menace qui pourrait les remplacer.
“La puissance de calcul est vue comme une assistance aux professionnels, et non comme une menace qui pourrait les remplacer”
Ceux que j’ai interrogés à l’issue de cette conférence ont tous souligné les multiples arbitrages humains qu’il faut effectuer, y compris pour des raisons réglementaires ou comptables.
Ensuite, la gestion des gros portefeuilles est déjà optimisée, et les économies escomptées sont donc modestes. Enfin, il faut prendre en compte les dangers que créent les ordinateurs, en augmentant le risque de krachs d’origine informatique et en rendant les banques plus vulnérables aux piratages.
Reste cette dernière objection au tout-informatique. Elle repose sur une question plus pertinente que jamais?: l’intelligence artificielle nourrie par des modèles et exemples du passé peut-elle faire face à des événements sans précédents??
Comme l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, par exemple. Lors d’épisodes d’instabilité géopolitique, les fortunes du monde entier sont très heureuses de savoir que leur argent est surveillé par un banquier qu’ils connaissent bien, en Suisse.
Le professeur Schmidhuber affirme que de telles objections peuvent être balayées. Les réseaux neuronaux peuvent optimiser les arbitrages et analyser les événements politiques en assimilant les articles d’information. Ils peuvent aussi prévoir des événements qui n’ont pas eu lieu auparavant. La disparition du soleil ne s’est pas produite, mais des analyses scientifiques prévoient que cela se produira (même si c’est prévu pour dans quelques milliards d’années).
lundi 30 janvier 2017
Les assurances et la nouvelle mobilité
Souvent évoquée comme un point de blocage potentiel dans le développement du véhicule autonome, la
question assurantielle est déjà très présente dans le développement des nouveaux usages de l’automobile. Là
encore, la question de l’assurance peut constituer – lorsqu’elle n’est pas résolue clairement – un frein au
développement de l’autopartage et, dans une moindre mesure, du covoiturage. Aujourd’hui, les sociétés
d’assurance qui acceptent de travailler avec les acteurs des nouvelles mobilités (Allianz avec Drivy, MAIF avec
Koolicar et Blablacar, etc.) proposent des cotisations forfaitaires qui représentent en moyenne 20% du montant
des transactions (excepté pour le covoiturage). Or, subsistent aujourd’hui de nombreuses questions sur la
manière dont les assureurs vont se positionner sur ces offres en dehors des initiatives militantes qui
sont aujourd’hui observables. De même, sur la problématique des big data et des innovations qui pourraient
en permettre le développement, le rôle des assureurs sera probablement déterminant puisque, parmi les différents
acteurs, ce sont ceux qui ont le plus intérêt à enrichir leur connaissance de ce que font les conducteurs
de leurs véhicules, et ceux qui ont la meilleure position pour les inciter à livrer ces informations.
Enfin, plus prosaïquement, en évaluant les dépenses automobiles des ménages dans la première partie de
cette étude, il ressortait que le poste assurantiel était à la fois très lourd – représentant volontiers de 500 € par
véhicule, et plus de 15 milliards d’euros, soit 70% de ce que les ménages dépensent annuellement pour acheter
des véhicules – et très peu « arbitrable » : les primes sont obligatoires et difficilement réductibles.
Nous avons donc considéré le monde de l’assurance comme étant coeur de cible et, pour cela, trois
entretiens sont venus compléter les informations dont nous disposions par ailleurs. Le premier a concerné le
représentant français d’une start-up anglaise appelée The Floow, qui vend des boîtiers qui permettent de noter la
qualité de la conduite des assurés. Il a réussi à convaincre Direct Line Insurance en Grande-Bretagne et AIG aux
États-Unis, de proposer sa solution à leurs assurés.
Le second a concerné « l’assisteur » IMA (Inter-Mutuelles Assistance) qui a joué un rôle très important
dans le développement du e-call (appel d’urgence), la question des véhicules connectés et les réflexions de la
MAIF sur les « nouveaux usages ».
Le troisième a concerné le responsable des informations de gestion des portefeuilles de COVEA qui
regroupe les enseignes françaises GMF, MMA et MAAF et représentent à ce jour presque 30% du marché (10
millions de véhicules). A lire sur Les plus belles voitures.
jeudi 12 janvier 2017
Où dorment les migrants
Mireille avait prévu d'aller à la piscine. En chemin, tôt ce lundi matin 31 octobre, elle tombe sur l'opération policière de "contrôle administratif" des migrants qui ont trouvé refuge en bas de chez elle, sur les trottoirs. Là, au nord-est de Paris, entre l’avenue de Flandre et les stations de métros Jaurès et Stalingrad, ils sont environ 2.000, - principalement des Afghans, Soudanais et Erythréens- à dormir dehors. Mireille, 68 ans, a beau habiter le quartier, y avoir déjà assisté, impossible de s'y habituer. En fin de matinée, elle est toujours là. Elle observe les hommes vêtus de combinaisons blanches qui balaient les restes du campement d'infortune qui s'était établi sous le métro aérien station Jaurès, ainsi que sur une petite parcelle en face.
A ses côtés, derrière un cordon de policiers, quelques citoyens et des dizaines de migrants, visiblement épuisés, assistent également à la scène. Cheveux gris et coupe-vent rouge, Mireille raconte comment, un peu plus tôt, de nombreuses tentes ont été retirées, et certains migrants "emmenés dans un bus". "En direction d'un centre de rétention administrative ?", s'inquiète la sexagénaire.
"Si ces personnes n'avaient pas de quoi justifier leur situation sur le territoire français, elles ont pu être dirigées vers des CRA", lâche seulement, sans plus de détails, une source policière.
Selon "France Bleu", une quarantaine de personnes sont montées dans un car de police vers 9 heures.
Les esprits se sont ensuite échauffés. Des CRS ont encerclé de nombreux migrants. Toujours selon "France Bleu", quand certains réfugiés ont crié, les policiers ont répondu par "des coups de matraques" et l'utilisation de gaz lacrymogènes. Dans une scène filmée par plusieurs médias (voir la vidéo en haut de l'article), deux jeunes migrants expriment leur incompréhension face à des policiers casqués, boucliers en mains, mutiques :
"Que voulez-vous ? Si vous attendez quelque chose de nous, nous vous le donnerons. Pourquoi vous ne nous parlez pas ?"
L'objectif des autorités, lors de ces "opérations de contrôle", est de vérifier la situation administrative des migrants et l'état sanitaire du campement. "Si des effets personnels et/ou des tentes ont été retirées, c'est pour des raisons d'hygiène", souffle la même source policière. Ces tentes posaient-elles problème plus que d'autres ? On n'en saura pas davantage.
Déjà évacué, en septembre notamment, ce campement s'est reformé et a grossi ces derniers jours, selon plusieurs associations, après le démantèlement de la "jungle" de Calais. Ce week-end, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé son évacuation d'ici la fin de la semaine, et la "mise à l'abri" de ses occupants. En attendant, beaucoup ne comprennent pas pourquoi une partie du camp a été balayée. Certains migrants ont vu leurs affaires partir à la poubelle. Mireille, elle, n'y voit qu'une "opération de déménagement-ménage" supplémentaire, "comme ils en font quand ils estiment que le camp devient trop important", à laquelle elle cherche en vain un sens. "Sans doute décourager les gens ! Sinon pourquoi ?"
Tandis que plusieurs citoyens scandent "Solidarités avec les réfugiés", Mireille poursuit, indignée :
"Certains sont demandeurs d'asile, ils peuvent en justifier. Ils devraient être hébergés. Voyez comme on les traite ! C'est hallucinant."
Doudoune rose et yeux azur, Cathy, 42 ans, adhérente de l'association Utopia 56, est venue spécialement de la Drôme pour "donner un coup de main". "Cette inhumanité me fait frémir", déclare-t-elle seulement, rapidement interrompue par un jeune homme bouleversé.
"Ils ont encore jeté une tente ! Ils détruisent l'identité des gens", livre Yann, 21 ans, de l'association "Sciences-Po Refugee Help".
Un peu avant midi, le déblaiement est fini. La police quitte les lieux. Immédiatement, les migrants y dressent à nouveau leurs tentes, les unes contre les autres. L'un déplie sa couverture de survie. Un autre se faufile, un matelas sur la tête. "Difficult", lance-t-il dans un demi-sourire. "Certains nous disent de retourner chez nous mais chez moi c'est la Somalie, c'est la guerre", lance Hussein, 18 ans, en doudoune noire, à Stalingrad depuis trois semaines. Il fait partie de ceux qui n'ont plus de tente :
"Tout est à la poubelle. On dort où ce soir ? Je n'ai pas dormi depuis huit jours".
Parmi les migrants, l'incompréhension règne. "Ils ont tout pris : les tentes, les couvertures", souffle Mohamed, Afghan de 21 ans qui n'a pas pu sauver son téléphone portable. "Ça s'est passé trop vite". Il dit s'être rendu à Calais, il y a une semaine, avant de revenir ici. "Nous ne comprenons pas ce que fait la police, nous n'embêtons personne." Bernard, son casque de moto sous le bras, s'arrête. Il n'en revient pas.
"On prétend faire des opérations humanitaires, or ce ne sont que des paravents. La France se doit de remplir ses obligations, ce qu'elle ne fait pas, contrairement à ses belles déclarations. C'est vraiment ignoble. Une raison de plus, s'il en fallait, pour ne plus voter PS."
Nawid, 16 ans, est assis devant une tente, les yeux rivés sur le téléphone de son voisin. "Il n'y a pas d'humanité", dit-il seulement. Comme d'autres, il rêve d'Angleterre. Il a voulu se rendre à Calais mais on lui a dit que "le plan était fini" et compte pour l'instant "rester à Paris."
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