lundi 30 janvier 2017

Les assurances et la nouvelle mobilité

Souvent évoquée comme un point de blocage potentiel dans le développement du véhicule autonome, la question assurantielle est déjà très présente dans le développement des nouveaux usages de l’automobile. Là encore, la question de l’assurance peut constituer – lorsqu’elle n’est pas résolue clairement – un frein au développement de l’autopartage et, dans une moindre mesure, du covoiturage. Aujourd’hui, les sociétés d’assurance qui acceptent de travailler avec les acteurs des nouvelles mobilités (Allianz avec Drivy, MAIF avec Koolicar et Blablacar, etc.) proposent des cotisations forfaitaires qui représentent en moyenne 20% du montant des transactions (excepté pour le covoiturage). Or, subsistent aujourd’hui de nombreuses questions sur la manière dont les assureurs vont se positionner sur ces offres en dehors des initiatives militantes qui sont aujourd’hui observables. De même, sur la problématique des big data et des innovations qui pourraient en permettre le développement, le rôle des assureurs sera probablement déterminant puisque, parmi les différents acteurs, ce sont ceux qui ont le plus intérêt à enrichir leur connaissance de ce que font les conducteurs de leurs véhicules, et ceux qui ont la meilleure position pour les inciter à livrer ces informations. Enfin, plus prosaïquement, en évaluant les dépenses automobiles des ménages dans la première partie de cette étude, il ressortait que le poste assurantiel était à la fois très lourd – représentant volontiers de 500 € par véhicule, et plus de 15 milliards d’euros, soit 70% de ce que les ménages dépensent annuellement pour acheter des véhicules – et très peu « arbitrable » : les primes sont obligatoires et difficilement réductibles. Nous avons donc considéré le monde de l’assurance comme étant coeur de cible et, pour cela, trois entretiens sont venus compléter les informations dont nous disposions par ailleurs. Le premier a concerné le représentant français d’une start-up anglaise appelée The Floow, qui vend des boîtiers qui permettent de noter la qualité de la conduite des assurés. Il a réussi à convaincre Direct Line Insurance en Grande-Bretagne et AIG aux États-Unis, de proposer sa solution à leurs assurés. Le second a concerné « l’assisteur » IMA (Inter-Mutuelles Assistance) qui a joué un rôle très important dans le développement du e-call (appel d’urgence), la question des véhicules connectés et les réflexions de la MAIF sur les « nouveaux usages ». Le troisième a concerné le responsable des informations de gestion des portefeuilles de COVEA qui regroupe les enseignes françaises GMF, MMA et MAAF et représentent à ce jour presque 30% du marché (10 millions de véhicules). A lire sur Les plus belles voitures.