mercredi 22 novembre 2017

Du numérique et de la disparition des professions « triple A »

Le numérique a « ringardisé ces professions qui semblent restées à un stade artisanal, aristocratique et ancien, ou les professions 3A ». Les avocats en font bien évidemment partie, bousculés par l’avènement des legaltech. La profession doit savoir « résister à ce bluff technologique, mais intelligemment ». Il est constaté que l’émergence de l’intelligence artificielle réduit l’importance du savoir juridique à la portion congrue, ce qui est « une blessure profonde portée au narcissisme personnel des avocats ». Les legaltech, nouveaux intermédiaires entre le justiciable et la justice, promettent de se placer « aux antipodes de l’arrogance des pouvoirs de l’ancien monde », dont l’avocat fait partie. « La part de mystère qui entourait la profession devient mystification aux yeux des consommateurs avides d’efficacité ». Pour surmonter cette difficulté, l’avocat doit notamment « se former aux nouvelles technologies qui ne cessent d’évoluer » et développer des « doubles compétences ». Mais ce serait une erreur de laisser « le champ libre au legaltech » sur les marchés de faible valeur ajoutée et de se concentrer uniquement sur les services à forte valeur ajoutée. En effet, explique le rapport « les plateformes vont monter en compétence et risquent à terme d’attaquer ce marché à plus forte valeur ajoutée, mais aussi à plus forte marge ».