samedi 16 décembre 2017
Une efficacité électrique négligée
Une conséquence importante de la surcapacité du parc nucléaire est l’absence historique d’incitation à la maîtrise de la consommation d’électricité. Ainsi, la France consomme près d’un quart d’électricité de plus par habitant que la moyenne de l’Union Européenne. Elle a notamment développé dès les années soixante-dix, dans le cadre de son programme « tout nucléaire, tout électrique », un recours massif au chauffage électrique, que seule la mise en œuvre récente de la réglementation thermique RT2012 pour les logements neufs est venue infléchir. Cet effet, ainsi que l’impact des réglementations européennes sur l’étiquettage énergétique de nombreux équipements, entraînent un ralentissement mesurable de la consommation d’électricité. Mais en l’absence de mesures supplémentaires spécifiques, la France connaît une évolution singulière de sa consommation d’électricité. Ainsi, après une baisse due à la crise, cette consommation a par exemple augmenté de 4 % sur les années 2012 et 2013, alors que l’ensemble de la consommation d’énergie marquait une légère diminution. L’absence de politique forte d’efficacité sur la consommation d’électricité s’observe aussi bien sur les ménages que chez les plus gros consommateurs. Ainsi, par exemple, alors que la consommation d’électricité spécifique par habitant était la même en Allemagne et en France au début des années 1990, un ménage français consommait en 2008 plus de 20 % de plus qu’un ménage allemand, bien que le taux d’équipements du second soit supérieur. De même, le cabinet de conseil Roland Berger estime que si les industriels « électro-intensifs » français étaient désavantagés en 2013 par le prix de l’électricité par rapport à leurs concurrents allemands, ce désavantage est aussi dû à la moindre efficacité énergétique des usines françaises : la consommation spécifique apparaît en effet supérieure selon les secteurs de 13 % (ciment) à 38 % (papier) à celle observée en Allemagne.