vendredi 30 octobre 2015

Qui veut sauver les guignols ?

Dans le flot de réactions après les révélations de plusieurs médias qui annoncent la fin des Guignols de l'info, le soutien à l'émission dépasse les clivages partisans, même s'il est davantage prononcé dans l'actuel majorité. De la gauche de la gauche au centre droit, on ne compte plus les personnalités qui dénoncent l'éventuelle disparition de ce programme phare de Canal+. "Il faut sauver les Guignols", a carrément lancé sur France Info le président de l'Assemblée nationale à la veille d'une réunion importante qui décidera à Canal+ de l'avenir de l'émission. "Il y a toujours eu de tout temps, dans tous les régimes, c'est le fou du roi. Aujourd'hui ce côté acide qui quelquefois nous amène à mal réagir quand on se sent la cible des Guignols aère l'actualité et la manière de traiter la politique", a estimé le député PS qui "regrette" de ne pas avoir sa propre marionnette. Même ceux qui sont régulièrement caricaturés, comme l'écologiste Cécile Duflot, prennent fait et cause pour les Guignols. Avec un langage qui n'est pas sans rappeler celui utilisé pour la représenter dans l'émission. Cécile Duflot n'est pas la seule à s'en prendre à l'actionnaire de Canal+, l'industriel Vincent Bolloré. C'est aussi le cas du patron des députés PS, Bruno Le Roux. Jean-Luc Mélenchon aussi s'en prend au Breton connu du très grand public pour avoir prêté son yacht à Nicolas Sarkozy après son élection en 2007. Mais le leader du Front de gauche préfère rappeler les prétendus liens entre le chef d'entreprises et l'actuel locataire de l'Elysée, François Hollande. Au centre-droit aussi, on entreprend la défense de ce monument de la télévision française. Président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde évoque "un moment de détente" sans lequel "Canal ne serait plus vraiment Canal!". Alors faut-il crier à la censure, comme plusieurs responsables politiques le font? "Non", répond le ministre Jean-Marie Le Guen. Invité de Radio Classique et LCI, il a estimé que la fin des Guignols relevait "d'un problème éditorial et non politique". "Le problème est de savoir sur la grille de programmes de Canal Plus satisfait en termes d'audience", a lancé l'élu parisien.