mercredi 28 mars 2018

La liberté en Mauritanie

L’année dernière encore, des blogueurs, des défenseurs des droits humains et d’autres détracteurs du gouvernement ont été la cible d’actes d’intimidation et d’agressions de la part des forces de sécurité mauritaniennes. Des militants antiesclavagistes ont été placés en détention ; certains étaient des prisonniers d’opinion. Abdallahi Abdou Diop a été libéré en janvier après avoir purgé une peine de six mois de prison. Abdallahi Maatalla Seck et Moussa Biram étaient toujours détenus à la prison de Bir Moghreïn, à plus de 1 000 km de leur domicile, depuis juillet 2016. Ces trois prisonniers d’opinion avaient été condamnés pour divers chefs d’accusation, dont participation à une manifestation non autorisée et appartenance à une organisation non reconnue. En avril, les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène et des matraques pour disperser une manifestation pacifique organisée à Nouakchott, la capitale, par des associations de jeunes qui demandaient l’adoption de politiques de lutte contre le chômage et de soutien à la jeunesse. Au moins 26 personnes ont été arrêtées. La plupart d’entre elles ont été libérées le jour même, mais 10 ont été maintenues en détention pendant quatre jours et inculpées de participation à un rassemblement non autorisé. Une manifestante a été condamnée à trois mois de prison avec sursis par un tribunal de Nouakchott, mais ce jugement a été annulé en appel. Les autres personnes ont été relaxées. Le 23 avril, sept personnes, dont quatre étrangers et deux mineurs, ont été arrêtées par la police après avoir assisté à un service religieux à Nouakchott. L’une d’entre elles a été libérée sans inculpation au bout de trois jours ; les autres ont été inculpées d’appartenance à une organisation non reconnue et relâchées six jours plus tard. À l’approche du référendum du mois d’août, le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme [ONU] s’est dit préoccupé par l’apparente répression de la dissidence par les autorités ainsi que par les informations faisant état de l’emploi d’une force excessive contre les organisateurs de manifestations. Cinq jours après le référendum, le sénateur Mohamed Ould Ghadda, qui s’était opposé à la tenue du scrutin, a été arrêté et inculpé de corruption. Il était toujours en détention dans l’attente de son procès à la fin de l’année. Trois semaines plus tard, 12 sénateurs et quatre journalistes ont été interrogés par un juge au sujet du soutien financier qu’ils auraient reçu d’un homme d’affaires. Ils étaient tenus de se présenter au poste de police toutes les semaines le temps qu’une enquête soit menée sur ces allégations.