vendredi 23 septembre 2022

Une stratégie militaire aérienne et européenne

 

Les budgets qui seront approuvés par les États membres de l’Agence spatiale européenne (ESA) lors du Conseil des ministres des 27 et 28 novembre à Séville devraient marquer un changement dans les objectifs à atteindre pour Ariane 6, lanceur phare de l’Europe. L'évolution constante de la demande de satellites signifie que les principaux acteurs de l'industrie européenne doivent simultanément réévaluer la manière dont ils répondent aux besoins de leurs clients, tout en prêtant attention aux petites et moyennes entreprises (PME) du secteur du nouvel espace européen, qui cherchent à être entendues et encouragées. .

Le directeur général de l'ESA, Jan Woerner, va demander 2,7 milliards d'euros (3 milliards de dollars) aux 22 États membres pour le développement des lanceurs, y compris les travaux de modernisation du port spatial européen de Kourou, en Guyane française. Environ 1 milliard d'euros du budget proposé seraient alloués à Ariane 5 et 6, a déclaré André-Hubert Roussel, PDG d'ArianeGroup. L’idée est de préparer les améliorations à court terme et les variantes potentielles à plus long terme d’Ariane 6.

Ariane 6 est toujours en développement, le premier lancement étant prévue pour la fin de 2020. Néanmoins, des «développements complémentaires» (dans le cadre de la taxonomie de l'ESA) sont en cours de planification pour une mise en œuvre au cours des prochaines années. Les propulseurs électriques se généralisent pour leur poids et leurs avantages en termes de coûts, mais présentent un inconvénient. Après la séparation de l’étage supérieur du lanceur, il faut 3-7 mois pour atteindre l’orbite finale au lieu de quelques semaines. Une «étape de lancement» - une étape supplémentaire de lancement pour raccourcir le délai de mise sur le marché du satellite - doit faire partie des développements complémentaires.

Il est prévu d’alléger l’étage supérieur afin d’élargir la gamme des missions qu’Ariane 6 peut effectuer et de s’adapter à besoins évolutifs à long terme. ArianeGroup vise une économie de poids de l'ordre de 1 à 2 tonnes métriques (2 200 à 4 400 lb). Cela augmenterait la charge utile en conséquence, ce qui permettrait d'accueillir plus de satellites - lorsque la mission consiste à créer une constellation - ou un plus grand vaisseau d'exploration. Le projet, appelé Icarus, fera davantage appel aux matériaux composites. Les deux évolutions illustrent la réponse de l’ESA et d’ArianeGroup aux tendances du marché. Le marché des satellites géostationnaires connaît une légère hausse après un creux profond, mais il est peu probable qu'il revienne à son état antérieur. Les satellites géostationnaires sont plus divers en poids - ils appartenaient auparavant à la catégorie des 3 ou 6 tonnes, précise Roussel. «Les profils de mission changent», dit-il.

Icarus est l'un des projets prévus pour atteindre le stade de démonstration dans la période 2020-2023. Le moteur Prométhée en est un autre. Il vise une réduction des coûts dix fois supérieure et la possibilité de faire partie d'une scène principale réutilisable. Le conseil de 2019 devrait donner son feu vert à Icare, Prométhée (dont la conception est encore bien avancée) et à Thémis. La décision de mettre à niveau Ariane 6 ou de choisir son successeur, éventuellement réutilisable, sera prise en 2022, lors du prochain conseil ministériel. Pour l’Espace en général et pour les satellites en particulier, l’Europe devra peut-être penser différemment, suggère Stéphane Albernhe, président de Archery Strategy Consulting. Dans l'approche dite New Space, l'objectif est de créer de la valeur grâce aux données collectées par des capteurs spatiaux, a-t-il déclaré. Le marché est de plus en plus axé sur les données, au lieu d'être façonné par la poussée des produits. «L’Europe a tardé à adopter le nouveau paradigme», a déclaré Albernhe.

Certains fournisseurs français offrent avec succès leurs capacités de conception et de production aux acteurs de New Space. Sous la marque Newspace Factory (créée par le pôle de compétitivité Aerospace Valley au sud-ouest de France), ils font valoir leurs compétences en haute technologie auprès des nouveaux entrants qui ont besoin de cette expertise. Dans les programmes de l’ESA, la règle du «juste retour géographique» est un problème, selon Gregory Pradels, responsable des systèmes spatiaux orbitaux d’Aerospace Valley. Le concept est également appelé «équilibre global», en vertu duquel chaque pays partenaire doit approuver le partage du volume de travail que son secteur reçoit. Régulièrement mise au défi, cette règle entrave les PME, avion de chasse explique Pradels. Dans les programmes de l’ESA, les principaux acteurs utilisent la plupart des budgets et il en reste peu aux petites entreprises. Un «Small Business Act», indépendant de la règle de la balance globale, devrait être élaboré, estime Pradels.

Exotrail est une entreprise en démarrage dans le domaine de la propulsion électrique. Le fondateur et chef de la direction, David Henri, regrette que l'ESA ait tendance à juger les propositions sous «des codes rigides complexes à maîtriser pour les petites entreprises». Elles sont considérées comme un obstacle pour ceux qui souhaitent participer à un programme de l'ESA.

jeudi 1 septembre 2022

Des vérités difficiles

 La Jordanie et la communauté internationale devraient prendre les mesures difficiles mais nécessaires pour maximiser les avantages que les réfugiés syriens peuvent apporter pour éviter que la crise n'ait de nouveaux effets négatifs sur les personnes les plus vulnérables du pays.
La guerre civile en Syrie a provoqué une crise des réfugiés dans la Jordanie voisine, augmentant la population de cette dernière d'au moins 8%. Pour les Jordaniens, la présence très visible de plusieurs milliers de réfugiés vivant au milieu d'eux - principalement dans les zones urbaines plutôt que dans les camps - a fait craindre la concurrence pour les ressources et les opportunités.
Les communautés d'accueil ont en partie bénéficié de la présence de réfugiés et de l'aide internationale qui les accompagne, mais de nombreux Jordaniens estiment que leur situation est pire à cause des Syriens. La crise des réfugiés a durement frappé les personnes les plus vulnérables de leur pays.
L'augmentation des loyers, la hausse des prix et les tensions sur les services publics et l'ordre public ont laissé les habitants locaux de plus en plus privés de leurs droits et négligés par le gouvernement jordanien et les donateurs internationaux. Si les tendances actuelles se poursuivent, le ressentiment et l'aliénation dans les gouvernorats du nord devraient augmenter dans les années à venir.
Si les Syriens se voyaient offrir davantage de possibilités de gagner leur vie légalement, les Syriens et l'économie jordanienne en bénéficieraient. Une telle décision attirerait l'opposition, mais les avantages l'emporteraient sur ces coûts. Afin de minimiser l'effet politique négatif, une politique de subsistance plus ouverte devrait s'accompagner d'une augmentation significative de l'aide internationale au développement pour les communautés d'accueil.
Il ne semble pas que les réfugiés pourront rentrer en Syrie de si tôt, peu importe la difficulté de la vie en Jordanie. La Jordanie et la communauté internationale devraient prendre les mesures difficiles mais nécessaires pour éviter que la crise n'aggrave la vie des résidents les plus vulnérables du pays. Ne pas le faire entraînera de plus grands défis, y compris une périphérie jordanienne de plus en plus privée de ses droits, dans les années à venir.

vendredi 10 juin 2022

Parapente: comment ça marche

 

Vous aimez l'aventure et sentir le vent dans vos cheveux ? Si oui, alors vous voudrez essayer le parapente ! Ce sport nouveau et passionnant vous donne l'occasion de vous sentir comme un oiseau de compagnie, planant dans le ciel près des montagnes et des falaises. C'est une excellente façon de découvrir le plein air et d'obtenir des vues incroyables. Le parapente est un sport que vous devez absolument essayer au moins une fois dans votre vie !

1. Qu'est-ce que le parapente et comment fonctionne-t-il ?

Le parapente est une forme d'aviation dans laquelle un individu utilise un appareil ailé pour planer dans l'air. L'appareil, appelé parapente, est généralement fabriqué en tissu et consiste en une série de cellules interconnectées qui sont gonflées par l'atmosphère qui les précède. L'envergure du parapente peut varier de 3 à 8 mètres (9 à 26 pieds), et son poids peut varier de 2 à 4,5 kilogrammes (4 à 10 livres). La plupart des parapentes peuvent être chargés dans un sac à dos et transportés jusqu'au site de lâcher.

Pour piloter un parapente, le pilote commence par trouver un site de lancement approprié. Il peut s'agir d'un versant de colline ou d'un sommet de montagne, ou même du bord d'une falaise. Une fois sur le site de lancement, le pilote crée le parapente et se prépare au décollage. Lorsque tout est prêt, le pilote court prudemment le long de la pente ou descend de la falaise et laisse le vent capturer l'aile. Le parapente commence alors à s'élever dans les airs. Pour se diriger, le pilote déplace simplement son poids dans la direction souhaitée. On dit souvent que le parapente est comme une chaise ailée et qu'il peut être pratiqué sans aucune expérience préalable.

2. L'équipement dont vous avez besoin pour commencer

Il existe un large éventail d'équipements disponibles pour le parapente, et le coût peut varier considérablement en fonction de la qualité et des caractéristiques de l'équipement. En général, les débutants auront besoin d'un parapente, d'une sellette, d'un casque et d'un parachute de secours. L'équipement plus avancé comprend des variomètres, des unités GPS et des émetteurs-récepteurs stéréo. Lors du choix de l'équipement, il est essentiel de consulter des pilotes et des instructeurs qualifiés afin de trouver le meilleur équipement pour répondre à vos besoins et à votre budget. Il existe de nombreux types de planeurs sur le marché, et il est essentiel d'en choisir un qui soit adapté à votre niveau d'expérience et aux conditions de vol. Il en va de même pour les harnais ; les modèles pour débutants sont généralement plus simples et moins chers que ceux conçus pour les pilotes expérimentés. Les casques, quant à eux, sont conçus pour protéger votre esprit en cas de chute, il est donc essentiel d'en choisir un qui soit bien assorti et qui réponde aux normes de sécurité. Enfin, le parachute de secours est une pièce d'équipement essentielle qu'il faut choisir avec soin pour s'assurer qu'il se déploiera correctement en cas d'urgence.

3. Comment choisir un bon emplacement pour votre premier vol

Choisir un bon emplacement pour votre premier vol en parapente est essentiel pour vivre une expérience efficace et agréable. Il y a quelques éléments clés à considérer lors du choix d'un site de vol en parapente.

Le parapente est plus efficace dans les endroits avec des sommets de montagne ou des falaises, car vous aurez besoin d'un étage de lancement élevé. Les terrains plats ne vous donneront pas la même élévation dont vous avez besoin pour décoller.

Deuxièmement, regardez les conditions météorologiques le jour de votre vol. le parapente n'est pas recommandé en cas de vent fort ou d'orage. À l'inverse, voler par des températures très fraîches peut également être dangereux car l'atmosphère est beaucoup plus compacte et vous risquez de ne pas pouvoir rester en altitude aussi longtemps. Choisissez un jour avec des conditions climatiques plus douces pour votre premier vol en parapente.

Enfin, il est également important de s'assurer qu'il n'y a pas d'obstacles dans la zone où vous allez voler. Cela inclut des choses comme des lignes électriques, des arbres et d'autres bâtiments. Choisissez une zone avec beaucoup d'espace libre pour assurer un vol en toute sécurité.

Suivre ces directives vous aidera à choisir un bon emplacement pour le premier vol en parapente de ligne.

4. Comment procéder si quelque chose ne va pas

Bien que le parapente soit normalement un exercice sûr, il est toujours possible que quelque chose se passe mal. Si vous vous trouvez dans une situation d'urgence, il est important de rester détendu et d'agir rapidement. La première étape est de déployer votre parachute de secours si vous en avez un. Sinon, essayez d'atterrir dans une région qui amortira votre chute, comme un champ herbeux. Une fois au sol, évaluez vos traumatismes et appelez à l'aide si nécessaire. Si possible, restez avec votre parapente jusqu'à l'arrivée des secours.

En général, le parapente est vraiment un exercice sûr qui peut être apprécié par des personnes de tous âges et de tous niveaux d'expérience. Cependant, il est essentiel de se préparer à l'éventualité d'une urgence. Savoir comment déployer son parachute de secours et choisir un lieu d'atterrissage sûr sont des compétences essentielles pour tout parapentiste. Suivre ces conseils simples vous aidera à rester en sécurité et à vous délecter de vos vols aériens. Merci de votre lecture ! J'espère que cela vous a été utile. Bon vol !


 

mercredi 11 mai 2022

Une stratégie commerciale américaine pour stimuler l'économie

 Le président Trump a pris ses fonctions avec l'un des agendas commerciaux les plus utiles de l'histoire moderne: il a retiré les États-Unis du partenariat transpacifique, a lancé une renégociation de l'accord de libre-échange américano-coréen et menace maintenant de retirer les États-Unis de ALENA. Il envisage également d'autres mesures qui réduiraient l'activité commerciale - la plupart censées réduire le déficit commercial américain. L'administration américaine a besoin d'une nouvelle stratégie de politique commerciale si elle veut maintenir la croissance économique sur la bonne voie et réduire le déficit commercial.
L'effet le plus probable d'une politique commerciale défensive et protectionniste est que la croissance économique ralentirait et que le déficit commercial américain augmenterait. Dans le cas de l'ALENA, les entreprises américaines sont profondément intégrées dans les chaînes d'approvisionnement et de valeur nord-américaines, et il y a une grande part de la valeur ajoutée américaine dans les importations du pays en provenance du Canada et du Mexique. Couper l'accès aux importations d'intermédiaires des partenaires de l'ALENA ferait augmenter le coût de la production américaine et réduirait sa compétitivité mondiale. Par conséquent, l'abandon de l'ALENA réduirait les exportations américaines, non seulement vers les partenaires de l'ALENA, mais également vers d'autres marchés. Parallèlement, l'augmentation des coûts commerciaux avec les partenaires de l'ALENA n'entraînerait pas beaucoup de rapatriement des emplois aux États-Unis: il est plus probable que d'autres pays se substitueraient à la production au Canada et au Mexique qui est maintenant exportée aux États-Unis.
Le secteur sidérurgique en est un exemple. L'acier est un produit d'intrants pour la construction et la fabrication industrielle, et l'augmentation du coût des intrants entraînera une baisse de la compétitivité de ces secteurs (par exemple, le secteur automobile), entraînant des pertes d'emplois cols bleus. Le protectionnisme américain de l'acier dans l'ALENA est déplacé si l'argument est que le déficit commercial doit être réduit: le commerce de l'acier de l'ALENA est en équilibre. Le protectionnisme américain de l'acier contre d'autres exportateurs vers les États-Unis - par exemple, par le biais d'une hausse tarifaire en vertu de l'article 232 - n'est pas compatible avec l'ambition d'augmenter les exportations américaines.
Si la balance commerciale est votre religion, les accords de libre-échange devraient être votre église. En d'autres termes, si l'administration américaine veut réduire son déficit commercial, elle devrait plutôt approfondir l'ALENA. La croissance économique rapide de l'Inde et de la Chine a obscurci le fait plus piétonnier que le commerce entre les États-Unis et l'ALENA a augmenté plus qu'avec tout autre partenaire commercial au cours des deux dernières décennies.
En effet, les États-Unis doivent rechercher des ALE supplémentaires. Le déficit commercial américain avec les partenaires non-ALE est neuf fois plus élevé que son déficit commercial avec les partenaires ALE, reflétant le simple fait que les ALE contribuent à ouvrir les marchés étrangers pour davantage d'exportations américaines. Contrairement à la rhétorique commerciale de l'administration, les États-Unis pourraient améliorer directement leur balance commerciale grâce à des accords de libre-échange supplémentaires, ce qui contribuerait également à faire pression sur des pays comme la Chine pour accélérer les réformes afin d'ouvrir leurs économies.
Frank Lavin a été sous-secrétaire américain au Commerce pour le commerce international entre 2005 et 2007, et ambassadeur des États-Unis à Singapour entre 2001 et 2005. Il est maintenant le PDG fondateur d'Export Now. Hanna Deringer est analyste des politiques commerciales à ECIPE, et Fredrik Erixon est directeur d'ECIPE. Les auteurs remercient les collègues de l'ECIPE Matthias Bauer pour leurs commentaires, et en particulier Julie Richert ainsi que Valentin Moreau pour leur aide précieuse à la recherche.
Quoi que l'on puisse penser du président Trump, il a extraordinairement réussi à bouleverser quelque soixante-dix ans de politique commerciale, dont les États-Unis ont été le principal architecte, l'avocat et le bénéficiaire. Il y a de nombreux éléments dans la révolution politique de Trump, mais au centre de celle-ci se trouve son accent sur la balance commerciale plutôt que l'accent historique sur des systèmes commerciaux ouverts. En effet, la substitution par Trump de l'égalité des résultats à l'objectif de longue date de l'égalité des chances est presque une conversion religieuse dans la politique commerciale. 1 Mais ce changement de politique déclaré ignore ce qui est pour la circonscription anti-commerciale une vérité désagréable: si la balance commerciale est votre religion, alors les accords de libre-échange (ALE) devraient être votre église. Aucune politique unique n'a rapproché les États-Unis d'un commerce équilibré que les ALE.
L'actuelle administration américaine est d'une conviction différente. Le président Trump ne se contente pas de dénoncer les accords commerciaux, il cherche activement à annuler, refaire, réécrire ou retirer des ALE, au nom de la réduction du déficit commercial. Ce document examinera l'effet de cette approche, en utilisant l'ALENA et l'industrie sidérurgique comme exemples pour discuter de l'impact des ALE sur l'économie américaine. Il offrira quelques conclusions générales sur les prochaines étapes possibles pour les États-Unis.
L'une des premières décisions du président Trump a été de retirer le pays du Partenariat transpacifique (TPP). La négociation avec l'Europe d'un partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) est dans le congélateur. Le président Trump a rouvert l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud et a menacé de l'annuler complètement. Et au cœur de l'occupation actuelle de l'administration se trouve la renégociation de la zone de libre-échange nord-américaine (ALENA) avec le Canada et le Mexique. L'Administration a demandé un certain nombre de révisions de l'ALENA qui auraient un impact négatif sur le volume et le profil des échanges entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. La menace de ces États-Unis pourrait se retirer complètement de l'ALENA.
C'est la conclusion de ce document que le retrait des États-Unis des accords commerciaux existants aura une série de coûts pour les États-Unis. Cela réduira les opportunités pour les entreprises américaines; cela coûtera des emplois; et le plus pertinent pour les objectifs politiques du président Trump, il est susceptible d'augmenter le déficit commercial du pays. Le principal effet du retrait des États-Unis de l'ALÉNA est vraisemblablement une baisse des exportations et des importations avec les partenaires de l'ALÉNA, sans grand effet sur la balance commerciale bilatérale des États-Unis avec le Canada et le Mexique. En outre, le déficit commercial général augmenterait probablement. La balance commerciale des États-Unis avec son ALENA et d'autres partenaires de l'ALE est fondamentalement différente de sa balance commerciale avec d'autres partenaires commerciaux clés sans ALE: le déficit commercial des États-Unis avec l'ALENA et les partenaires de l'ALE est neuf fois plus faible qu'avec les partenaires non-ALE.
Mais les dommages indirects pourraient être encore plus importants que les dommages directs. L'effet sur la balance commerciale américaine irait au-delà des conséquences immédiates ou statiques. Surtout, si les États-Unis quittent l'ALENA, c'est à bien des égards comme quitter leur marché intérieur. Après un quart de siècle avec l'ALENA et une forte intégration économique en Amérique du Nord, le Canada et le Mexique font désormais pratiquement partie du marché intérieur américain dans les principaux secteurs manufacturiers. En dehors du domaine du commerce du pétrole, la caractéristique dominante du commerce au sein de l'ALENA est le commerce de l'offre et de la chaîne de valeur. Cela signifie qu'il y a beaucoup de va-et-vient au-delà des frontières et, dans le langage commercial, que les importations américaines en provenance de ses partenaires de l'ALENA ont un degré élevé de valeur ajoutée basée aux États-Unis. De plus, les industries américaines qui importent des intrants du Canada et du Mexique pour exporter vers le reste du monde verraient leur coût de production augmenter - et leur compétitivité diminuer.
Le point clé est le suivant: la compétitivité du marché intérieur et les liens économiques étroits avec les voisins font partie intégrante de la performance économique mondiale d'un pays. Tous les pays du monde affichent une forte proximité dans leurs échanges avec les autres pays: plus les pays (personnes) sont proches les uns des autres géographiquement, plus ils ont tendance à commercer et à investir sur leurs marchés respectifs. Si ces relations commerciales sont considérablement faussées, il y aura un effet d'entraînement sur la façon dont un pays réussit à concurrencer sur les marchés mondiaux, car une grande partie du commerce actuel est le commerce des intrants. Toutes les stratégies de politique commerciale réussies commencent donc par la création d'un marché intérieur compétitif et l'ouverture de marchés avec des voisins clés. En d'autres termes, la performance commerciale - comme la charité - commence à la maison.
Les importateurs et les exportateurs américains souffriraient de nouvelles barrières commerciales et, plus important encore, de la décomposition de chaînes de valeur compétitives centrées sur l'ALENA. Les tarifs douaniers, les barrières réglementaires et les politiques «Buy American» supprimeraient la productivité américaine et sa compétitivité internationale. Et pour cette raison, les pays mercantilistes en dehors de l'ALENA n'ont pas nécessairement beaucoup à craindre d'une stratégie commerciale américaine occupée par un retrait de l'ALENA. De nombreux autres pays regretteraient l'effondrement de l'ALENA et l'augmentation du protectionnisme américain parce qu'ils ralentiraient le commerce et la croissance économique. Mais la principale conséquence d'une action isolée telle que le retrait de l'ALENA serait probablement une diminution des exportations américaines vers d'autres pays du monde en raison de la baisse de la compétitivité des entreprises américaines. De plus, la suppression des accords commerciaux préférentiels en Amérique du Nord entraînerait probablement une augmentation des exportations hors ALENA vers les pays de l'ALENA. Par conséquent, d'autres pays remplaceraient le commerce qui a maintenant lieu à l'intérieur de l'ALENA.
Dans cet article, nous examinerons de plus près les aspects clés des relations commerciales des États-Unis avec d'autres pays et les replacerons dans le contexte de la stratégie commerciale actuelle des États-Unis, en particulier la menace de quitter l'ALENA. Les quatre sections suivantes couvriront les aspects économiques de la structure actuelle des échanges, y compris un examen plus approfondi du commerce de la chaîne d'approvisionnement dans un secteur particulier - l'acier - qui a reçu une approbation particulière de la part de l'administration actuelle. La dernière section examinera d'autres moyens pour les États-Unis de concevoir leur stratégie commerciale en vue de générer plus de croissance économique et, dans la mesure du possible, de réduire le déficit commercial au moyen de la politique commerciale. Ce programme est basé sur l'approfondissement du commerce de l'ALENA ou du marché intérieur tout en poursuivant davantage d'accords de libre-échange avec des pays qui, comme les États-Unis, acceptent un système commercial mondial ouvert et fondé sur des règles. Bien que les perspectives de réformes commerciales multilatérales soient médiocres, une stratégie centrée sur l'ALE contribuerait à ouvrir des marchés plus fermés que le marché américain, et donc à stimuler davantage les exportations que les importations.

vendredi 11 mars 2022

Comprendre la population Islandaise

 

La population islandaise est extrêmement homogène. Les habitants sont les descendants de colons qui ont commencé à arriver en 874 après J.-C. et ont continué à affluer en masse pendant environ 60 ans par la suite. Les historiens ne s'accordent pas sur l'origine exacte et la composition ethnique des colons, mais ils s'accordent à dire qu'entre 60 et 80 % d'entre eux étaient de souche nordique et venaient de Norvège. Les autres, originaires d'Écosse et d'Irlande, étaient en grande partie de souche celtique. La langue dominante à l'époque de la colonisation était le vieux norrois, la langue parlée en Norvège à l'époque. Au fil des siècles, elle a évolué vers l'islandais moderne, qui est utilisé dans tout le pays. Les Islandais modernes peuvent encore lire sans difficulté les sagas islandaises en vieux norrois. Il n'y a pas de distinctions ethniques. Les premières souches nordiques et celtiques ont depuis longtemps fusionné, et le nombre relativement faible d'immigrants ultérieurs (dont la plus grande partie sont des Polonais) n'a eu qu'un effet limité sur la structure de la population.

Religion
La religion luthérienne est la religion dominante depuis le milieu du XVIe siècle. Plus des deux tiers de la population appartiennent à l'église évangélique luthérienne, soutenue par l'État. La liberté de religion existe.

Le peuplement
L'agriculture étant la principale activité économique, la population islandaise était uniformément répartie sur l'ensemble des zones habitables du pays jusqu'à la fin du XIXe siècle. Avec l'avènement de l'industrie de la pêche, du commerce et des services au début du XXe siècle, la population s'est de plus en plus concentrée dans les villes et les villages. Au début du 21e siècle, plus de 90 % de la population vivait dans des communautés de 200 personnes ou plus.

La pêche et la transformation du poisson constituent le pilier de la plupart des villes côtières. La plus grande concentration de population se trouve à Reykjavík et ses environs, avec environ trois cinquièmes de la population totale de l'Islande. Reykjavík est un centre urbain moderne et cosmopolite qui, en plus d'être le siège du gouvernement, est le centre national du commerce, de l'industrie, de l'enseignement supérieur et de l'activité culturelle. Akureyri, un centre de pêche et d'éducation situé sur le fjord Eyja au nord, est le deuxième en importance. Reykjanesbaer est un port de pêche situé au sud-ouest de la péninsule, près de l'aéroport international de Keflavík. Les îles Vestmanna (Westman), au large de la côte sud, abritent certaines des activités de pêche les plus importantes d'Islande. Akranes, située de l'autre côté de la baie de Reykjavík, est une ville de services pour sa région et possède quelques industries. Ísafjördhur est une ville de services pour la région du fjord occidental. Seydhisfjördhur et Neskaupstadhur, sur la côte est, sont des ports importants pour la pêche au hareng et au capelan. Höfn, sur la côte sud-est, est également un important port de pêche. Selfoss, située dans les basses terres du sud, dessert la région agricole et constitue la plus grande communauté rurale de l'Islande.

Tendances démographiques
Le premier recensement complet en Islande a été effectué en 1703, date à laquelle 50 358 personnes ont été recensées. Le XVIIIe siècle a été marqué par de grandes difficultés économiques et, en 1801, la population était tombée à 47 240 habitants. Une lente augmentation s'est amorcée au XIXe siècle, et en 1901, la population atteignait près de 80 000 habitants. L'accélération de la croissance économique au cours des premières décennies du XXe siècle s'est accompagnée d'une croissance rapide de la population, qui dépassait 140 000 habitants en 1950. Pendant la Seconde Guerre mondiale et le début de la période d'après-guerre, il y a eu une amélioration rapide du niveau de vie et une nouvelle accélération du taux de croissance de la population. Le taux de croissance annuel a atteint son apogée dans les années 1950 et décline depuis 1960, principalement en raison d'un taux de natalité fortement réduit et d'une émigration continue. Pendant une brève période allant de la fin des années 1980 au milieu des années 1990, le taux de natalité a de nouveau augmenté avant de reprendre sa tendance à la baisse. À la fin des années 1980, la population a atteint un quart de million d'habitants.

Entre 1870 et 1914, il y a eu une émigration massive vers le Canada et les États-Unis en raison des conditions défavorables en Islande ; au cours de cette période, les émigrants étaient plus nombreux que les immigrants, soit l'équivalent d'environ un cinquième de la population de 1901. Depuis 1901, l'émigration a continué à dépasser l'immigration, incentive en Islande mais généralement avec une faible marge.

mercredi 23 février 2022

L'économie chinoise peut-elle résister au coronavirus?

 Cela ne signifie pas, cependant, qu'aucune supposition éclairée ne puisse être faite. L'expérience historique avec des chocs importants similaires suggère que les dommages économiques à court terme peuvent être considérables. Alors que les investisseurs réduisent le risque de leurs portefeuilles, il faut s'attendre à une volatilité des marchés, en particulier dans les secteurs réputés les plus exposés, comme les voyages et le tourisme, les produits de luxe et les automobiles.
Un certain nombre d'estimations crédibles (certaines publiques et d'autres privées) suggèrent que la croissance annuelle du PIB de la Chine pourrait chuter de 2 à 4 points de pourcentage par trimestre jusqu'à ce que le virus atteigne son apogée. En particulier, la consommation et la production en pâtiront, notamment en raison des restrictions de mobilité, à la fois volontaires et imposées. La bosse que les vacances du Nouvel An lunaire fournissent habituellement est déjà perdue.
La question est de savoir quand ce pic arrivera. Les prévisions optimistes indiquent une reprise partielle au deuxième trimestre de cette année. Je pense qu'il est plus réaliste de s'attendre à une reprise au troisième trimestre, avec un impact significatif sur la croissance mondiale annuelle. Mais on ne peut pas exclure la possibilité d'une pandémie prolongée causant des dommages beaucoup plus importants aux économies, en raison de la faillite des entreprises, de la baisse de l'emploi, de la faiblesse des investissements privés et des réponses politiques faibles ou tardives.
À moins d'un tel événement de cygne noir », l'histoire suggère cependant que les effets à long terme de l'épidémie de COVID-19 pourraient être plutôt faibles, voire négligeables. Cela est d'autant plus probable que l'économie chinoise est loin d'être fragile. En effet, il est moins dépendant du commerce qu'il ne l'était en 2003, lors d'une épidémie d'un autre coronavirus, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), et il est équipé pour rebondir assez rapidement de chocs assez importants.
L'expansion rapide de l'économie numérique chinoise est une source de force sous-estimée. Jusqu'à 35,3% (mais probablement plus près de 25%) de toutes les ventes au détail chinoises se font désormais en ligne; la pénétration de l'Internet mobile est très élevée et en augmentation; et les systèmes de paiement mobile chinois sont les plus avancés au monde. Parce que la plupart des personnes et des entreprises sont connectées et actives en ligne, il est facile de générer de grandes quantités de données qui, grâce à l'intelligence artificielle, élargissent instantanément la portée et l'efficacité des écosystèmes numériques.
Cela contribuera grandement à renforcer la résilience économique de la Chine, en particulier face à une crise qui limite la mobilité physique. Une infrastructure numérique avancée signifie que les travailleurs de nombreux emplois et industries peuvent continuer à travailler à domicile, même s'ils sont mis en quarantaine ou verrouillés. De même, les plates-formes éducatives en ligne sophistiquées peuvent compenser certains des effets des fermetures d'écoles.
De plus, pour les entreprises confrontées à des problèmes de trésorerie et de fonds de roulement, le crédit peut être étendu et les conditions ajustées à distance. Cela minimiserait les dommages à long terme pour le secteur des services, en particulier les petites et moyennes entreprises. Les produits d'assurance en ligne peuvent également être étendus dans plusieurs domaines, y compris la santé. La commande de fournitures médicales en ligne peut contourner les pénuries provoquées par la crise, car les algorithmes détectent et réagissent rapidement aux blocages et aux goulots d'étranglement. Les plateformes en ligne peuvent également fournir une défense puissante contre les prix abusifs, ce qui limite la disponibilité des biens et services essentiels, en particulier pour les plus vulnérables. Amazon, par exemple, a déjà averti les vendeurs de s'abstenir de facturer des prix exorbitants pour les masques faciaux ou de risquer d'être expulsé du site.
Comme une part encore plus importante de l'économie est mise en ligne, le suivi de ses performances devient plus facile, plus rapide et plus précis. Ces données peuvent être utilisées pour adapter les réponses politiques et améliorer la précision des prévisions, renforçant ainsi la confiance des entreprises, encourageant l'investissement et accélérant la reprise.
Quant au reste du monde, le tourisme fait face à un choc négatif particulièrement important, même dans les pays qui ne sont pas très affectés. Les entreprises fortement implantées en Chine - comme dans les secteurs de l'automobile et du luxe - devraient également souffrir, mais elles se rétabliront probablement aux côtés de l'économie chinoise.
Cependant, même si COVID-19 est contenu assez rapidement, la crise pourrait hâter les efforts visant à éloigner les éléments clés des chaînes d'approvisionnement mondiales de la Chine. Ce processus est en cours depuis plusieurs années, sous l'impulsion du passage de l'avantage comparatif de la Chine d'une production bon marché à forte intensité de main-d'œuvre à des activités échangeables à plus forte valeur ajoutée. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont renforcé cette tendance. Le coronavirus pourrait donner une impulsion supplémentaire.
Mais plus important que la position de la Chine dans les chaînes de valeur mondiales est la reconnaissance du fait que les réseaux d'approvisionnement mondiaux sont globalement trop serrés et manquent de résilience, bien qu'il soit loin d'être clair si l'épidémie de COVID-19 stimulera le changement. Après tout, c'était aussi la leçon du tremblement de terre et du tsunami de Tōhoku en 2011 au Japon, qui a déclenché une fusion à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Certains s'attendent à ce que l'épidémie de COVID-19 affecte également la crédibilité du gouvernement chinois. Cela semble peu probable. Malgré des retards précoces, les autorités chinoises ont finalement pris des mesures décisives. Ce n'était peut-être pas parfait, mais dans une crise comme celle-ci, il n'y a pas de grands choix et rien ne garantit que les mesures choisies fonctionneront.
Néanmoins, il y a des leçons à tirer pour les dirigeants chinois. Il est évident que des informations objectives et ascendantes sont essentielles à la détection et à la réponse précoces. Il semble probable qu'une fois la crise maîtrisée, la Chine prendra des mesures pour que le système ne bloque ni ne filtre le flux de ces informations à l'avenir.
Les risques de queue de l'épidémie de COVID-19 sont importants et effrayants, mais pour l'instant, ils ne semblent pas particulièrement susceptibles de se matérialiser, surtout si l'on suppose des réponses nationales et internationales diligentes, agressives et adaptatives. Au lieu de cela, les conséquences économiques de l'épidémie seront probablement substantielles mais transitoires. Ce qui ne passera pas, malheureusement, ce sont les coûts humains.