vendredi 31 août 2018
Droits de l'homme en Asie-Pacifique
L'année dernière, le paysage des droits humains dans la région Asie-Pacifique était principalement caractérisé par les manquements des gouvernements, qui contrastaient souvent avec la croissance d’un mouvement dynamique de défenseurs et militants des droits humains. Dans de nombreux pays, l’espace dédié à la société civile s’est réduit. Des défenseurs des droits humains, des avocats et des journalistes, entre autres, ont été la cible de la répression de l’État sous diverses formes – allant d’une répression sans précédent de la liberté d’expression en Chine à une intolérance extrême à la dissidence au Cambodge et en Thaïlande, en passant par une multiplication des disparitions forcées au Bangladesh et au Pakistan. L’impunité était généralisée, ce qui alimentait et entretenait des exactions telles que des homicides illégaux et des actes de torture, empêchait des millions de personnes d’obtenir justice et réparations, et favorisait des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans des pays comme le Myanmar et l’Afghanistan. La crise mondiale des réfugiés s’est aggravée. Des centaines de milliers de personnes dans la région n’avaient pas d’autre choix que de fuir leur foyer et étaient confrontées à un avenir incertain et souvent empreint de violence. Le nombre de réfugiés a augmenté en raison des crimes contre l’humanité commis dans le nord de l’État d’Arakan par l’armée du Myanmar, qui a brûlé des villages rohingyas entiers, tué des adultes et des enfants et violé des femmes et des filles. Ces violations massives ont contraint plus de 655 000 Rohingyas à fuir au Bangladesh pour échapper aux persécutions. Ceux qui sont restés au Myanmar étaient toujours confrontés à un système discriminatoire, s’apparentant à une forme d’apartheid, qui leur imposait des restrictions dans pratiquement tous les aspects de leur vie et les isolait du reste de la société. Cette année a marqué le 50e anniversaire de la création de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), présidée par les Philippines en 2017. Les gouvernements et institutions de l’ANASE sont restés muets face aux exactions massives commises aux Philippines, au Myanmar et ailleurs dans la région. Dans ce contexte, les appels au respect et à la protection des droits humains dans la région Asie-Pacifique se sont multipliés, portés de plus en plus par des jeunes, ce qui était source de progrès et d’espoir. En Corée du Sud, certaines avancées ont été constatées en ce qui concerne les opérations de maintien de l’ordre, et des décisions de justice positives ont été rendues à propos de la responsabilité des entreprises. Des progrès ont aussi été réalisés en matière d’égalité devant le mariage en Australie et à Taiwan, et de droit au respect de la vie privée en Inde.
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