La vie est ainsi faite qu'on fait parfois des choses que l'on n'aurait pas cru possible. Dernièrement encore, mon épouse et moi nous sommes surpris, en faisant un voyage de groupe à Rabat au Maroc. Ca peut paraître tout à fait quelconque pour ceux qui y sont habitués, mais cela représente une sacrée révolution, pour notre part. Car voyez-vous, jusqu'à présent, nous étions des inconditionnels du voyage en solo. Et comme vous pouvez l'imaginer, ces deux manières de voyager n'ont clairement absolument rien en commun !
Ce qui est bizarre, en fait, c'est que nous ayons pendant si longtemps été opposés aux voyages de groupe. La simple idée de devoir vivre 24h sur 24 avec des inconnus nous paraissait effarante. Toutefois, un changement insidieux s'est fait en nous. ET quand nous avons commencé à chercher nos prochaines vacances, et que nous avons repéré ce voyage de groupe sur internet, ça nous a brusquement fait envie. Parce que les désagréments de ces voyages étaient contrebalancés par un immense privilège : ne plus devoir se démener comme un diable pour prévoir les activités à faire sur place. C'est vraiment ça, je crois, qui nous a poussés à tenter l'expérience. D'une certaine manière, lorsqu'on voyage en solitaire, on est sans cesse confronté au stress. On se retrouve loin de chez soi, loin de ses repères. On vit évidemment certains moments de grâce et il arrive que l'on fasse de belles rencontres, mais même dans ces cas-là, en fait, le stress est toujours présent. On garde toujours à l'esprit qu'on doit être au taquet pour les activités du lendemain, parce qu'il faut toujours tout gérer soi-même. Alors bon, c'est certes très instructif. On apprend à dominer ce stress, à ne plus dépendre que de soi, etc. Il est clair que voyager par soi-même est formateur. Seulement, au bout d'un moment, ça devient un peu fatigant. Au bout d'un moment, en fait, on considère même qu'on est assez formés. Plus on avance en âge, plus on a donc envie de se détendre véritablement et pleinement. Et je crois que nous aurons du mal à revenir en arrière, après cette première expérience ! Vous pouvez jeter un oeil au site où nous avons trouvé notre voyage au Maroc, pour ceux qui auraient comme nous atteint les rivages du grand âge ! Suivez le lien pour avoir les infos pratiques.
samedi 5 novembre 2016
Ces ministres lobbyistes
L’interdiction des néonicotinoïdes, adoptée la semaine dernière suite à une erreur de vote, a une autre facette intéressante : l’opposition du Ministre de l’Agriculture. Dans un courrier daté du 11 mars envoyé le 14 mars, Stéphane Le Foll, tout en rappelant aux députés qu’il leur « [appartenait] de décider« , déployait un long argumentaire contre l’interdiction totale qui avait été votée la semaine précédente.
On a ici un ministre qui fait du lobbying contre une disposition défendue des députés de sa majorité. Ce genre de pratique (en tout cas formalisée par un courrier) est fréquente mais rarement aussi visible.
Le dernier cas publiquement connu remonte à l’examen du projet de loi « République numérique », où Fleur Pellerin avait envoyé un courrier contre la création d’un domaine commun informationnel. Le Ministère des sports s’était aussi mobilisé contre l’article sur les compétitions sportives.
Ces deux cas partagent des points communs :
1) les ministres ont visiblement peur d’une adoption, qui parait vraisemblable ;
2) ce ne sont pas eux qui sont au banc, mais un autre membre du gouvernement qui n’a pas forcément les mêmes positions (Barbara Pompili, écologiste en charge de la biodiversité d’un côté, Axelle Lemaire au Numérique de l’autre) ;
3) preuve du caractère inhabituel de la pratique, le courrier est révélé par la presse (même si celui de Stéphane Le Foll a été publié après coup sur le site du Ministère, et qu’il avait sans doute intérêt à communiquer sur cette position présentée comme favorable aux agriculteurs).
En revanche, le lobbying de Stéphane Le Foll a des caractéristiques très inédites : il a été envoyé à tous les députés (contrairement à celui de Fleur Pellerin, envoyé un petit groupe de députés)… et, surtout, il y a clairement derrière cet envoi une divergence interne au gouvernement.
Après arbitrage, Axelle Lemaire avait rejoint Fleur Pellerin et s’était exprimée en séance contre les amendements « domaine commun ». En revanche, Barbara Pompili a défendu une position difficile à comprendre, mais qui n’était pas celle de Stéphane Le Foll : « (…) je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée concernant ces amendements, mais vous avez bien compris que, selon moi, nous devons être courageux.« , avait-t-elle dit en commission.
C’est cette absence de position gouvernementale commune – très rarement visible au grand jour – qui a sans doute conduit au courrier de Stéphane Le Foll… et au fait qu’il a fallu tester cinq rédactions différentes avant d’arriver à un amendement de compromis, déposé par le président de la Commission du développement durable.
Dans un gouvernement avec des sensibilités aussi différentes, mieux vaut des choix tranchés en réunions interministérielles, pour arriver devant le Parlement avec des positions communes. Sans cela, l’exemple risque de se reproduire.
vendredi 2 septembre 2016
Désinformation en Syrie ?
Les médias des Etats-Unis induisent en erreur leur audience et mentent à l'instar de leurs autorités, estime un politologue américain.
La couverture de la guerre en Syrie constituera l'une des pages les plus honteuses de l'histoire de la presse américaine, écrit le Stephen Kinzer, de l'Institut Watson d'études internationales de l'Université de Brown, dans le Boston Globe.
L'exemple le plus récent de cette conduite est la couverture des évènements à Alep. Ces dernières semaines, l'armée syrienne, soutenue par l'aviation russe, a commencé à évincer les terroristes qui contrôlaient la ville depuis trois ans. Leur arrivée a été marquée par des massacres. Ils avertissaient les habitants qu'il ne fallait pas envoyer leurs enfants à l'école, sous la menace de "recevoir des cercueils à leur domicile". Les terroristes détruisaient les usines, en espérant recruter les gens qui ont perdu leur travail, et remettaient les équipements à la Turquie.
En réponse à l'offensive de l'armée syrienne, les terroristes, soutenus par la Turquie et l'Arabie saoudite, ont récemment tiré des missiles non guidés sur les quartiers résidentiels. Cependant, ce n'est que grâce aux troupes gouvernementales syriennes et de leurs alliés que "les habitants d'Alep ont finalement vu une lueur d'espérance", rappelle l'auteur.
"Mais tout cela ne s'inscrit pas dans la grille de lecture de Washington. Résultat: la plupart des éditions américaines communiquent des "faits" contraires à ce qui se passe en réalité. De nombreuses publications indiquent qu'Alep a été pendant trois ans une "zone libérée" et que maintenant, elle souffrira à nouveau", note le politologue.
Les médias américains racontent que la lutte contre le régime du président Bachar el-Assad et ses alliés en la personne de la Russie et de l'Iran est une cause noble. Les citoyens américains sont censés espérer que la "coalition vertueuse composée d'Américains, de Turcs, de Saoudiens, de Kurdes et de l'opposition dite "modérée" l'emporte". Il s'agit d'un "ingénieux mensonge", mais on ne peut pas blâmer les Américains ordinaires qui y croient. Ils n'ont quasiment pas d'information réelle sur les parties belligérantes, leurs objectifs et leur tactique. La responsabilité incombe pour beaucoup aux médias américains, estime Stephen Kinzer.
Les difficultés financières ont poussé les médias aux Etats-Unis à réduire le nombre de correspondants à l'étranger. Les journalistes rédigent souvent leurs textes concernant les événements dans le monde en restant à Washington. Les reporters en Syrie reçoivent leurs informations du Pentagone, du Département d'Etat, de la Maison blanche et d'"experts". Ayant eu l'impression d'avoir fait le plein d'information, les journalistes rédigent des nullités qui sont présentées comme des actualités syriennes. De leur côté, les correspondants travaillant dans la zone des hostilités essaient de contrecarrer cette façon de couvrir les événements en Syrie. Mais leurs voix se perdent dans la cacophonie informationnelle, souligne l'expert.
Par exemple, les journalistes à Washington assurent leurs lecteurs que le groupe Front al-Nosra est composé d'"insurgés" ou de membres de l'"opposition modérée" mais omettent de préciser qu'il s'agit d'une filiale syrienne d'Al-Qaïda. L'Arabie saoudite est présentée comme une assistante des champions de la liberté en Syrie, alors qu'en réalité, elle sponsorise l'Etat islamique.
Les lecteurs américains ignorent également que des "itinéraires" sont ouverts en Turquie pour les combattants étrangers souhaitant rejoindre les terroristes en Syrie. D'autre part, "tout ce que font en Syrie la Russie et l'Iran est présenté comme une déstabilisation, pour la bonne et simple raison que c'est eux qui le font — et que telle est la ligne politique de Washington", estime le politologue.
Pour leur part, les hommes politiques américains n'hésitent pas à recourir à la désinformation dans le cadre de leur campagne électorale également. Ainsi, l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton vient de déclarer que le plan onusien de règlement du conflit syrien avait été élaboré à l'initiative des Etats-Unis. En réalité, cependant, c'est tout le contraire. En 2012, les Etats-Unis, la Turquie, l'Arabie saoudite et Israël ont "anéanti" sans encombre le plan de paix du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan car celui-là prévoyait d'impliquer l'Iran dans le règlement syrien et de maintenir au pouvoir Bachar el-Assad, ne serait-ce que provisoirement, rappelle Stephen Kinzer.
Les hommes politiques déforment régulièrement leurs actes passés, et les gouvernements cherchent traditionnellement à promouvoir leurs propres intérêts. Mais les journalistes, eux, sont censés "rester à l'écart des élites politiques et de leur hypocrisie innée". Pour ce qui est de la Syrie, les journalistes américains ont essuyé un échec total, condamne l'expert.
mercredi 22 juin 2016
Une séance de voltige
Quand je commence à m'ennuyer dans mon quotidien, je sais ce que cela veut dire. Ce n'est pas que je couve une dépression : je suis juste en manque d'adrénaline. Certains ont besoin de lumière, d'autres de manger ; moi, j'ai besoin d'adrénaline. Des goûts et des besoins, on ne discute pas, n'est-ce pas ? Alors, quand ça m'arrive, je me mets aussitôt en quête d'une activité insolite et sportive pouvant me recharger à bloc. Et cette fois, j'ai été servi : je me suis rechargé à l'occasion d'un baptême de voltige aérienne à Abbeville. Bizarrement, je ne m'y étais encore jamais essayé. Et maintenant que c'est fait, je me dis que j'aurais dû m'y mettre plus tôt ! Car en dépit de l'apparence innocente du biplace dans lequel j'ai embarqué (un Extra 330 LX), je peux vous affirmer que les sensations fortes étaient bien là. D'ailleurs, j'ai même été patraque, sur le retour. Je ne suis pas malade, généralement ; mais lorsque votre estomac se transforme en yoyo durant 15 minutes, il finit par se rappeler à votre bon souvenir. Alors certes, je pourrais garder ce détail pour moi ; mais si vous envisagez de vous lancer un jour, il vaut mieux que vous le fassiez en connaissance de cause, non ? Et puis, en dépit de cet incident, je ne regrette pas de m'être lancé. Les G auxquels on est soumis dans certaines figures sont assez perturbants mais, et c'est ce qu'il y a de plus curieux, c'est plaisant ! Au final, le vol a duré moins d'une demi-heure, mais quand je suis sorti de l'avion, je macérais dans ma sueur. Pourtant, j'étais au nirvana. Je voulais des sensations, et le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu ! Vraiment, si vous êtes comme moi un mordu d'adrénaline, c'est un must ! A tout hasard, je vous mets le lien vers le site où est proposé ce baptême de voltige aérienne. On ne sait jamais...
jeudi 26 mai 2016
L'amabilité de la volonté
La volonté, est ce qui rend l'objet vraiment aimable, comme elle rend le sujet aimant; la liberté, seule capable d'aimer par elle-même ou, en un mot, d'aimer,—car aime-t-on véritablement si on n'aime pas par soi-même?—paraît aussi seule digne d'être aimée pour soi. Ce n'est donc pas le bien en général, comme l'a cru Platon, que j'aime en vous, c'est la bonté personnelle que je vous attribue. La théorie platonicienne aboutit à des conséquences que Pascal a exprimées sous cette forme originale: «Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir? Non, car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime une personne à cause de sa beauté, l'aime-t-il? Non, car la petite vérole, qui ôtera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on, moi? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre, moi. Où donc est ce moi, s'il n'est ni dans le corps ni dans l'âme? Et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables? Car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.» Quoi qu'en dise Pascal avec Platon, l'amour s'adresse toujours non à des qualités générales, mais à des individus, ou à des choses qu'on individualise et qu'on personnifie, fût-ce par une simple illusion d'optique. La parole de Montaigne est le contre-pied de la pensée de Pascal: «Si l'on m'eût demandé pourquoi je l'aimais, j'aurais répondu:—Parce que c'était lui;—et si on lui eût demandé pourquoi il m'aimait, il aurait répondu:—Parce que c'était moi.» Et en effet, l'amour suppose dans son objet l'élément personnel, la forme de l'individualité: quand vous aurez énuméré et analysé scientifiquement toutes les qualités de la personne aimée, vous aurez énuméré les conditions rationnelles de l'amour, mais vous n'aurez pas montré la cause réelle et concrète, l'unité synthétique du caractère, la vie individuelle supérieure à toutes les abstractions logiques.
jeudi 11 février 2016
Le retour de bâton des vacances
Luxe ne veut pas forcément dire bien-être. La semaine dernière, ma femme et moi avons logé pendant quelques jours dans un fabuleux hôtel, l'un des plus beaux hôtels aux USA. Un cinq étoiles avec tout le luxe qui va avec. Lit king size, douche king size, écran géant, vue sublime, etc. Bref, la totale. Notre séjour a évidemment été idyllique. Imaginez donc : nous pouvions prendre notre repas où nous le voulions, que ce soit au restaurant, dans notre chambre, ou même sur la plage. Le luxe dans toute sa splendeur. Et si vous n'avez jamais testé le grand luxe, je peux vous dire qu'on s'y habitue vite, au fait de se faire servir. :) Oui, mais c'est là où le bât blesse : il faut bien revenir un jour. Après ce séjour de rêve, l'on a donc retrouvé notre quotidien deux étoiles. La maison dans laquelle il y a toujours des travaux à faire ; la douche, qui continue à fuir alors que vous avez déjà mis du joint partout ; le service qui est déplorable, puisque quand on veut quelque chose, il faut le faire soi-même. Bref, autant l'escapade est enchanteresse, autant le retour est un retour de bâton. Alors qu'on était heureux de ce qu'on avait avant de partir en vacances, voilà qu'on regarde ce qu'on a avec dépit. Du coup, je me demande si ce genre d'aperçu d'une autre vie n'est pas à éviter. C'est comme de vivre la vie d'un autre pendant quelques jours, puis de retourner vivre dans sa hutte, en se réchauffant au doux souvenir de cette autre vie entraperçue. Il y a quelque chose d'un peu malsain là-dedans. Evidemment, ma femme est insensible à l'argument ; elle est déjà en train de regarder pour notre prochain séjour. Je la soupçonne même de vouloir retourner à ce même hôtel. Il faut dire que nous avons fait pas mal d'hôtels haut de gamme, et que c'est définitivement l'un des plus beaux hôtels des USA. Mais je serais bien incapable de dire si le fait de vouloir y retourner est hédoniste ou masochiste. Suivez le lien pour le site qui présente tous ces hôtels de rêve.
L'ubérisation continue
Dans quelques jours, le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur la légalité de l’application UberPOP, soit à peu près un an après la promulgation de la loi Thévenoud censée non pas reconnaître l’existence d’une phobie administrative mais, plus simplement, organiser la coexistence de ce nouveau mode de transport avec les taxis traditionnels. Il aura fallu tout ce temps pour que l’appareil législatif commence à s’adapter au changement de donne… Et pendant ce temps, le monde continue de tourner toujours plus vite.
L’affaire pourrait paraître épineuse puisqu’Uber conteste de son côté la constitutionnalité de l’article L3124-13 du code des transports : pour la société américaine, cet article revient à interdire les applications innovantes qui tiennent compte des nouvelles possibilités technologiques. Bien évidemment, pour les concurrents directs (les VTC avant même les taxis), tout ceci est absolument scandaleux puisqu’à l’évidence, des gens qui font des trajets contre rémunération comme petit job d’appoint – au contraire du covoiturage – sont forcément des fraudeurs et que, tout le monde le sait, seul l’État peut autoriser l’un ou l’autre à exercer telle activité : seul l’État sait ce qui est bon pour nous, seul lui peut aussi déterminer la valeur et la qualité des services rendus, et le marché n’a qu’à bien se tenir, merdalafin.
Si l’on ajoute à ces bisbilles UberPOP contre les VTC les autres déboires Taxis contre VTC, on voit se dessiner une société française qui n’aime décidément pas que les individus s’affranchissent petit-à-petit de leurs habitudes, des corporations et de leurs carcans.
Et cette société n’aime tellement pas se débarrasser de ses carcans qu’elle entend visiblement combattre chaque nouveauté qui permettrait pourtant d’améliorer sensiblement la vie de tous et de chacun. Pendant que les taxis, bizarrement épaulés des VTC, se lancent dans des combats d’arrière-garde qu’ils ont de toute façon déjà perdu pour les plus importants des protagonistes, à savoir leurs clients, d’autres corporations se lancent à leur tour dans les mêmes batailles juridiques, les mêmes réflexes corporatistes contre ces innovations qui viennent grignoter leur pré carré.
On peut ainsi citer le co-avionnage qui se développe suffisamment bien pour attirer sur lui l’attention des autorités, dûment alertées par les concurrents et professionnels qui sentent, exactement comme pour Uber, s’échapper une clientèle qu’ils avaient jusqu’ici conservée captive. Globalement calqué sur le modèle de BlaBlaCar, celui-là même que les VTC et les taxis entendent ne surtout pas attaquer lorsqu’ils se retournent contre UberPOP, de nouveaux acteurs (Wingly, Wingshare, Off We Fly…) proposent de mettre en relation des passagers avec des pilotes d’avion.
L’objectif est assez simple : lorsqu’un pilote doit effectuer un trajet en avion – de tourisme, ici – ces sociétés proposent de leur faire diminuer les frais de vol en leur permettant de proposer le trajet à un ou plusieurs passagers. La start-up Wingly a ainsi atteint les 2000 utilisateurs en quelques mois, même si, bien sûr, au contraire du co-voiturage, le co-avionnage dispose de contraintes (notamment météo) fortes : le passager peut parfois se retrouver sans transport et doit pouvoir disposer d’un plan de secours ou d’un horaire flexible.
Compte-tenu des coûts, le co-avionnage ne concurrence pas directement ni le covoiturage, ni le TGV, mais il propose un assemblage prix/vitesse intéressant pour certains cas particuliers mal couverts par la voiture (souvent trop lente) ou par le TGV (parfois trop cher, ou inexistant sur certains axes, ou simplement en grève). Seule contrainte légale du co-avionnage : selon la loi, un pilote privé ne peut réclamer d’argent à son passager, et ne peut que lui demander une participation aux frais, au prorata du coût du vol et du nombre de passagers. Pour un trajet rémunéré, il lui faut en effet passer son brevet de pilote professionnel.
Développer la médecine expérimentale
Conserver la santé et guérir les maladies: tel est le problème que la médecine a posé dès son origine et dont elle poursuit encore la solution scientifique. L'état actuel de la pratique médicale donne à présumer que cette solution se fera encore longtemps chercher. Cependant, dans sa marche à travers les siècles, la médecine, constamment forcée d'agir, a tenté d'innombrables essais dans le domaine de l'empirisme et en a tiré d'utiles enseignements. Si elle a été sillonnée et bouleversée par des systèmes de toute espèce que leur fragilité a fait successivement disparaître, elle n'en a pas moins exécuté des recherches, acquis des notions et entassé des matériaux précieux, qui auront plus tard leur place et leur signification dans la médecine scientifique. De notre temps, grâce aux développements considérables et aux secours puissants des sciences physico- chimiques, l'étude des phénomènes de la vie, soit à l'état normal, soit à l'état pathologique, a accompli des progrès surprenants qui chaque jour se multiplient davantage. Il est ainsi évident pour tout esprit non prévenu que la médecine se dirige vers sa voie scientifique définitive. Par la seule marche naturelle de son évolution, elle abandonne peu à peu la région des systèmes pour revêtir de plus en plus la forme analytique, et rentrer ainsi graduellement dans la méthode d'investigation commune aux sciences expérimentales. Pour embrasser le problème médical dans son entier, la médecine expérimentale doit comprendre trois parties fondamentales: la physiologie, la pathologie et la thérapeutique. La connaissance des causes des phénomènes de la vie à l'état normal, c'est-à-dire la physiologie, nous apprendra à maintenir les conditions normales de la vie et à conserver la santé. La connaissance des maladies et des causes qui les déterminent, c'est-à-dire la pathologie, nous conduira, d'un côté, à prévenir le développement de ces conditions morbides, et de l'autre à en combattre les effets par des agents médicamenteux, c'est-à-dire à guérir les maladies.
Pendant la période empirique de la médecine, qui sans doute devra se prolonger encore longtemps, la physiologie, la pathologie et la thérapeutique ont pu marcher séparément, parce que, n'étant constituées ni les unes ni les autres, elles n'avaient pas à se donner un mutuel appui dans la pratique médicale. Mais dans la conception de la médecine scientifique, il ne saurait en être ainsi; sa base doit être la physiologie. La science ne s'établissant que par voie de comparaison, la connaissance de l'état pathologique ou anormal ne saurait être obtenue, sans la connaissance de l'état normal, de même que l'action thérapeutique sur l'organisme des agents anormaux ou médicaments, ne saurait être comprise scientifiquement sans l'étude préalable de l'action physiologique des agents normaux qui entretiennent les phénomènes de la vie.
Mais la médecine scientifique ne peut se constituer, ainsi que les autres sciences, que par voie expérimentale, c'est-à-dire par l'application immédiate et rigoureuse du raisonnement aux faits que l'observation et l'expérimentation nous fournissent. La méthode expérimentale, considérée en elle-même, n'est rien autre chose qu'un raisonnement à l'aide duquel nous soumettons méthodiquement nos idées à l'expérience des faits.
Le raisonnement est toujours le même, aussi bien dans les sciences qui étudient les êtres vivants que dans celles qui s'occupent des corps bruts. Mais, dans chaque genre de science, les phénomènes varient et présentent une complexité et des difficultés d'investigation qui leur sont propres. C'est ce qui fait que les principes de l'expérimentation, ainsi que nous le verrons plus tard, sont incomparablement plus difficiles à appliquer à la médecine et aux phénomènes des corps vivants qu'à la physique et aux phénomènes des corps bruts.
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